Comment soutenir les librairies québécoises ?

Clément Solym - 25.09.2014

Edition - Librairies - Québec librairies - consultation livres - réglementations


Le 20 juin dernier, Luc Fortin se voyait confier par la ministre de la Culture et des Communications, et responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Hélène David, une mission d'enquête. Celle-ci concernait la librairie agrée sur le territoire québécois, et visait à dépasser la demande d'une réglementation du prix de vente des livres, et des livres numériques. 

 

 Drapeau du Québec - Québec flag

abdallahh, CC BY SA 2.0

 

 

« Je souhaite que les librairies agréées puissent assumer pleinement leur rôle culturel sur le territoire québécois et sur le Web. Il importe d'appuyer leur développement », assurait Luc Fortin, adjoint parlementaire de la ministre et député de Sherbrooke. Dans ce contexte, la Fondation Fleur de Lys compte parmi les sociétés interrogées, et elle vient de fournir un mémoire portant sur les possibles soutiens à apporter aux librairies du Québec.

 

« Il m'apparaît important de vous rappeler que le gouvernement a rejeté l'idée de réglementer le prix du livre. Le gouvernement souhaite préserver l'accessibilité aux livres pour tous les Québécois et pour toutes les Québécoises, particulièrement les moins nantis. C'est pourquoi nous écartons la solution d'un prix réglementé du livre », assure le député.

 

Une position du gouvernement qui ne convient pas à l'Académicien Dany Laferrière : « Il faut reprendre le combat, et faire en sorte que ce prix permette aux librairies indépendantes de respirer un peu plus, d'autant plus qu'elles ont généralement un fond plus important que les grandes surfaces, qui ne gardent que les best-sellers », soulignait-il auprès de ActuaLitté.

 

Les réponses à apporter devaient donc cibler les efforts qui « contribueront à l'amélioration de la viabilité des librairies agréées du Québec ». Serge-André Guay, président et éditeur de la Fondation littéraire Fleur de Lys a communiqué à ActuaLitté l'intégralité de son mémoire, qui abonde dans le sens de la demande gouvernementale. Selon lui, la réglementation n'est effectivement pas une solution, puisqu'elle « n'a pas permis aux libraires français d'éviter la crise ». 

 

Dans ses conclusions, il pointe que « l'État providence est l'origine de cet effritement de l'esprit d'entreprise qui a caractérisé la naissance de l'industrie québécoise du livre dans les années 70. [...] l'aide généreuse de l'État providence au fil des décennies a eu des effets positifs, il nous faut désormais faire face à leurs effets pervers sur l'esprit d'entreprise en restaurant ce dernier ». 

 

Pour assurer le développement du marché, il encourage notamment à une révision du prix de vente des livres numériques, actuellement trop élevé. Il suggère également un « plafonnement à la baisse du prix de vente du livre numérique subventionné ». L'ensemble des observations est à consulter dans le document qui suit.