Comment trouver un agent littéraire : la confiance, une absolue nécessité

David Pathé Camus - 18.09.2019

Edition - Société - agent littéraire - histoire littérature agents - métier agent littéraire


DOSSIER – Le mythe du manuscrit envoyé par voie postale, illuminant la journée d’un éditeur soudainement conquis a la peau dure. Pourtant, les aspirants ne manquent pas et persistent. Dans la chaîne du livre, la place de l’agent littéraire permet d’articuler la jonction entre auteur et éditeur. David Pathé-Camus, dans un dossier au long cours, analyse le rôle et l’apport de ce métier encore trop perçu comme un intermédiaire négligeable.


 

Vous êtes un jeune auteur. Vous venez de mettre le point final à votre manuscrit. Vous avez lu mes articles et avez décidé de me faire confiance — autrement dit, de vous mettre en quête d’un agent littéraire. Mais comment faire pour le trouver ? J’ai envie de vous dire que si vous êtes capable d’écrire un roman, un essai, vous devriez être capable de répondre à cette question par vous-même. Google est votre ami. Mais, à toutes fins utiles, je vous conseillerais de ne travailler qu’avec des agents littéraires inscrits au SFAAL, dont vous trouverez la liste des membres ici.

À vous de sélectionner parmi ceux-ci ceux qui sont spécialisés dans l’édition et qui vous semblent correspondre au genre de livres que vous écrivez. 
 

“Travaillez prenez de la peine c'est le fond qui manque le moins”


Faites vos recherches. Renseignez-vous. Prenez le temps. Il n’y a pas urgence. Si votre manuscrit est bon, il doit pouvoir patienter. De toute façon, il existe autant de sortes d’agents qu’il y a de sortes d’éditeurs — il y en a des bons et des mauvais, et, parmi les bons, il y a ceux qui sont « bons » pour vous ; et ceux qui ne le sont pas. Il n’est pas difficile de trouver un agent — ou un éditeur. La vraie difficulté consiste à trouver le bon agent pour vous (en ce qui concerne « le bon éditeur pour vous », c’est justement à votre agent de le trouver). 

Procédez comme vous l’auriez fait pour un éditeur : envoyez votre manuscrit, accompagné d’une courte lettre vous présentant, vous et votre ouvrage. Quelques lignes suffisent. Allez au plus simple. Et surtout : évitez d’envoyer la douzaine de titres que tout le monde vous a refusée, ou dont vous avez récupéré les droits, en expliquant que vous avez décidé — finalement — de prendre un agent parce qu’aucun éditeur n’en a voulu. Un agent n’est pas une poubelle. 

Dans l’idéal, vous n’enverrez qu’un seul manuscrit — inédit, évidemment.  

Enfin, n’oubliez pas : ce n’est pas parce qu’un agent n’est pas un éditeur que vous pouvez lui envoyer un torchon. Comme un éditeur, un agent reçoit plusieurs centaines de manuscrits par an, et il doit faire le tri, lui aussi, rapidement. Contraintes de temps et d’argent. 
 

On prend un train, pas un agent


Parmi les erreurs types des débutants, il y a celles où les auteurs se tournent vers les agents parce qu’aucun des éditeurs auxquels ils se sont adressés n’a voulu les publier.


cas de manuscrit refusé redevenu sauvage

 
Si tous les éditeurs ont refusé votre manuscrit, pourquoi croyez-vous que l’agent l’acceptera, ou même, réussira à le placer ? Le travail de l’agent consiste certes — entre autres (et j’insiste sur cet « entre autres ») — à vous trouver un éditeur, mais il le fera d’autant mieux qu’il travaillera avec vous le plus en amont possible. Il sait quoi et à qui envoyer. Il sait quand un manuscrit est prêt ou non. Faites-lui confiance. Ou passez votre chemin. 

Dans ce métier, la confiance n’est pas un luxe — elle est une nécessité absolue. 

Un des principaux malentendus concernant le métier d’agent provient, je crois, de ce qu’on dit « prendre un agent ». Mais on ne prend pas un agent. On prend le temps. On prend le train. On prend un verre. Mais on ne prend pas plus un agent qu’on ne prend un éditeur.

Il ne viendrait à aucun auteur (encore que…) l’idée d’envoyer son manuscrit à un éditeur en lui disant : « J’ai décidé de vous prendre comme éditeur, voici mon manuscrit, merci de le publier le plus rapidement possible, j’ai besoin d’argent. » C’est pourtant ce que beaucoup d’auteurs font avec les agents – pas exactement en ces termes, certes, mais c’est l’idée. 

L’agent n’acceptera de vous représenter que s’il pense pouvoir en tirer un profit — à court, moyen ou long terme. C’est d’ailleurs pour cette raison que les éditeurs regardent généralement avec plus d’attention les manuscrits qui leur sont adressés par un agent que par un anonyme : c’est parce qu’ils savent qu’un agent — fort de sa connaissance du monde de l’édition — est plus à même de leur envoyer des ouvrages correspondant à leurs besoins, et susceptibles de générer des profits. 

Prochain article : « Comment trouver un agent littéraire ? » – partie 2
 


Dossier - Profession : agent littéraire, un métier mal connu 


Commentaires
Jean-Do-David, Puisque vous existez, il se peut que vous ayez une adresse mail personnalisée, vous aussi..
Monsieur PATHÉ-CAMUS,



Bonjour et merci.

Je vous ai envoyé un manuscrit.



La confiance est une absolue nécessité oui, qui impose un respect mutuel dans la durée et, plus spécifiquement à l'auteur, la maîtrise de son ego.

D'ailleurs, je suis prêt à retravailler mon texte.



Cordialement
Quel est votre adresse mail.
Bien gentils tous ces bons conseils et ces longues listes d'agents. Mais nous n'avons ici aucun classement capables de nous aider dans nos choix, aucun, ni par genre ni par style ni par sujet ni par type d'écrits, etc. Les sites auxquels vous renvoyez fournissent leurs poulains (qui nous restent tou.te.s d'illustres inconnu.e.s, en vérité, malgré nos efforts pour rester au courant des nouvelles littéraires. Bref, ce sont de vrais faux conseils qui ne débouchent que sur davantage de désarroi chez les intéressé.e.s. PS : je ne demande pas mieux que d'être démenti et je fournirai des excuses pour ma sévérité, mais aucune écriture sûre de son message ne peut se satisfaire de pareilles généralités de bon sens (de bon sang). Nous attendons une réelle analyse critique, comparative, concrète des spécificités de chaque agent et leurs contacts, leurs réussites et leurs échecs, leurs possibilités et leurs limites, y compris pécuniaires. Pour les éditeurs, nous les connaissons déjà, merci. Bien à vous. El Cano
Merci pour cette série d'articles.



Je crois vous avoir vu à l'hôtel de Massa.
Bonjour,



merci beaucoup. Ah oui, à l'hôtel de Massa. Ce devait être en septembre 2016 (ça ne nous rajeunit pas !). J'avais été invité à participer à une conférence sur les agents littéraires en littérature jeunesse.

A toutes fins utiles, en voici le lien :



https://www.youtube.com/watch?v=rFv7JsnxO2w



Bien à vous,



David
Ainsi vous existez donc. Du moins mailinstiguement parlant. Il se peut que vous ayez une adresse et qu'on puisse vous faire parvenir un roman jeunesse. Qui sait? Hervé
Mais bien sûr qu'il existe ! Ce n'est pas parce qu'il dit travailler pour une agence sur le site web de laquelle il n'apparaît pas dans la rubrique "L'équipe" qu'il n'existe pas !
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