Commerces fermés : Jean Castex laisse-t-il “champ libre à Amazon” ?

Nicolas Gary - 01.11.2020

Edition - Economie - Jean Castex commerces - commerces non essentiels - fermeture librairies France


L’initiative d’Anne Hidalgo, maire de Paris, pour faire rouvrir certains commerces non alimentaires vient d’être clouée au sol. Annonçant qu’elle mobilisait les forces pour que, notamment, les librairies reprennent leur activité, elle a été sanctionnée par l’intervention du Premier ministre. Jean Castex met un terme à la discussion : aucun changement pour l’heure à la ligne posée par le gouvernement.


 

Dans son entretien au JDD, la maire de Paris ne cachait pas son désarroi : « Avec d’autres villes, nous allons prendre une initiative commune, comme l’a fait Dijon, pour autoriser la réouverture des librairies indépendantes. » Un projet louable, qui devra, a minima, attendre 15 jours : le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire avait déjà annoncé que le cas des librairies serait réexaminé lors du prochain point d’étape.

D’ici deux semaines, « nous regarderons où nous en sommes pour tous les commerces, pas uniquement les libraires, et nous verrons s’il est possible d’adapter les dispositifs », indiquait le ministre.

Pour la maire de Paris, c’est cette perspective qui est visée, attendu qu’il « n’y a pas eu beaucoup de dialogue avec le gouvernement avant ces mesures. Nous les avons apprises par la presse. […] Je m’inquiète de l’anxiété qui gagne nos concitoyens et notamment les plus jeunes, accrue encore par la crise économique, et de la santé mentale qui se détériore ».
 

Garder le cap, sans déroger


Lors de son passage sur TF1, Jean Castex a, de toute manière, mis un terme aux négociations. « Nous ne reviendrons pas sur les mesures annoncées, c’est beaucoup trop tôt », assure-t-il, tout en promettant un point dans quinze jours. Mais par souci d’équité, il présente également un lot de mesures pour les grandes surfaces qui fermeront les rayons de produits non essentiels.

Car c’est là tout l’enjeu : à compter de mardi, tout rayon qui commercialiserait autre chose que nourriture ou dérivés, devra être inaccessible. En somme, tout produit que les commerces de proximité ne sont pas en mesure de vendre, parce que fermés, ne pourra pas être vendu ailleurs. En ce sens, le Premier ministre confirme les propos de Bruno Le Maire, tenus en fin de semaine. 
 

Pour la Fédération du Commerce et de la Distribution, interrogée par l’AFP, cette position n’aboutira qu’à faire perdre tout le monde. Son délégué général, Jacques Creyssel, ajoute que la mesure va « affaiblir le petit comme le grand commerce, en laissant le champ libre à des acteurs comme Amazon ». 

Une liste des produits interdits devrait, logiquement, être fournie en début de semaine, tandis que l’on s’attend à des actions contre le cybermarchand. Mi-avril, le vendeur avait été contraint de fermer plusieurs entrepôts, après une condamnation par le tribunal judiciaire de Nanterre. Ce dernier imposait à l’entreprise de réduire ses commandes aux produits de première nécessité comme de l’alimentaire, des produits d’hygiène ou quelques produits informatiques.

Les livres, largement vendus, devaient logiquement en être exclus…
 

84 % des ventes de livres sous contrainte... 


La polémique, dans les rangs des librairies, avait enflé dès le premier jour de confinement, en constatant que Fnac pouvait ouvrir, et par conséquent, proposer des livres à la vente, au milieu des équipements informatiques. Il n’aura fallu qu’une journée de lobbying intense de la corporation pour que non seulement l’enseigne, mais également la grande distribution, se voient interdites de commercialiser des ouvrages.

À la suite d’un échange avec les acteurs, affirmaient Roselyne Bachelot et Bruno Le Maire, « il a été décidé, par souci d’équité entre grandes surfaces et les librairies indépendantes, que les rayons livres et culture des grandes surfaces alimentaires et spécialisées seraient momentanément fermés ». 

Mais très rapidement, ce qui ressemblait à une victoire a tourné en eau de boudin, quand les conséquences se sont imposées. Les librairies, limitées au click and collect, seront rapidement dépassées par les ventes en ligne, comme tout le porte à croire. 

Selon une étude Xerfi de 2018, la librairie représente 40 % de parts de marché dans la vente de livres, quand les grandes surfaces culturelles pèsent pour 34 %. Les grandes surfaces alimentaires, elles sont évaluées à 7,5 %. Restent alors 16,5 % pour les plateformes de vente en ligne, dont on sait à quel point Amazon les dépasse de très loin. Ce dernier, estime Jean-Yves Mollier, de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, estime à 80 % les parts de marché d’Amazon sur la vente en ligne

En fermant les GSC et les GSA, ce sont près de 42 % des ventes de livres qui s’évanouissent — avec le seul click and collect ou la vente à emporter pour fonctionner. Ce modèle parviendra-t-il à compenser les quelque 74 % de parts de marché que constituent tous les commerces désormais soit interdits de vendre, soit extrêmement limités ? Et, plus encore, de quoi justifier l'insurrection qui gronde ?


Commentaires
Et si on commençait par ne pas acheter chez les gros pourris en ligne ce qu'on pourra acheter après le déconfinement ? Ça devrait tomber sous le sens. Achetez vos livres et autres en click and collect, sinon attendez, écrivez, empruntez, échangez. La poste marche. On a AUSSI une responsabilité en tant que consommateurs, elle passe trop souvent à la trappe partout dans les articles et commentaires. Evidemment, cela reviendrait à dire que trop de gens s'en balancent, et ça, ce n'est pas assez populiste pour l'époque.Ou trop rationnel.
Tout à fait d'accord ! La politique joue certes, mais c'est un peu trop facile de lui en imposer toute la responsabilité. C'est une question de responsabilité individuelle et d'égoïsme de la part des personnes qui se ruent vers Amazon pour avoir tout tout de suite. Ce sont ces gens qui tuent le petit commerce, et dans le cas du livre c'est d'autant plus vrai que le prix est le même partout. PRIVILÉGIONS LES LIBRAIRIES INDÉPENDANTES !
EXACTEMENT. Je vous suis en tous points, me reconnaissant absolument dans ces mots brandis, il faudrait pouvoir les afficher partout...bon couRAGE.
Taper : Tribune:"Le confinement constitue un remède pire que le mal pour la Société française".

Et :Réinfo covid.

Pour ma part, je n'ai jamais cru qu'en un virus inconnu, analogue à celui de la grippe saisonnière.
La logique selon laquelle il appartient à chacun d'avoir la bonne conduite est noble et... logique.



Malheureusement, si l'être humain fonctionnait comme ça, il n'y aurait pas de pandémie. Il n'y aurait pas les gens au coude à coude dans les restaurants et avec leur masque porté sous le nez. Il n'y aurait pas les fêtes, les réunions de famille, etc. Tout le monde y mettrait du sien.



Il faut malheureusement donner aux gens un cadre strict, c'est la fonction de la politique. C'est louable de dire "aux gens de ne pas acheter sur Amazon", mais c'est irréaliste. Par cette décision du gouvernement (la Belgique et la Suisse ont pris la décision inverse), oui, c'est un boulevard ouvert à Amazon.



Je pense que si tout le monde comprend le confinement, personne ne comprend l'inégalité. Si vraiment entrer dans une librairie est dangereux, alors il faut vraiment m'expliquer pourquoi l'école ne l'est pas, l'université de l'est pas, les transports en commun ne le sont pas.
« Je pense que si tout le monde comprend le confinement, »

Ne prenez pas votre cas pour une généralité : si vous acceptez d'écouter BFM/France 2 pour orienter vos décisions, n'en faîtes pas une généralité : il n'y a pire dictateur que celui qui est persuadé que tout le monde pense comme lui.
Pardon, c'est vrai que j'aurais dû dire "les gens raisonnables comprennent le confinement".
Les gens fous ont toujours tendance à penser que les autres sont fous. C'est une constante de l'histoire...
Franchement ce débat commence à m'énerver...Tous les amateurs de lecture ( et j'en suis UNE) savent très bien qu'en général, quand on aime lire on a toujours qqs livres en réserve, que n'importe quelle librairie aujourd'hui - même en zone rurale- propost de commander en ligne ou téléphone et de venir chercher ses livres : le click and collect fonctionne,et puis il y a de nombreuses bibliothèques municipales qui restent ouvertes et où l'on peut aller emprunter des livres...Après OUI il faut lutter contre le virus qui se propage très vite ( j'habite pas loin de grenoble) et la situation à l'hôpital est catastrophique....On cite souvent la Chine, les habitants y sont restés confinés pendant 3 mois sans même sortir faire leurs courses...arrêtons de toujours critiquer, quelle que soit la décision prise, montrons nous solidaires et surtout responsables de notre santé, de la survie de nos hôpitaux...Quant à ceux qui ne croient pas à ce virus, je vous invite à aller faire un tour dans les services de réanimation, et vous pourrez juger par vous même si le gouvernement nous ment ou si son inquiétude est fondée!!
Suite du mail précédent!

Et oui on peut très bien ne pas acheter sur Amazon, mais pourquoi nombreux sont ceux qui se ruent dessus? les livres nous apprennent à réfléchir, il me semble, non? On ne doit pas tout attendre des pouvoirs publics car ils ne peuvent pas tout et surtout pas décider à NOTRE place. Soyons responsables...de nos actes!
Euh... Quitte a me faire passer pour un méchant, doit ton vraiment en vouloir a Amazon de répondre a un besoin ou au manque d'innovation et d'implication de l'état dans e-commerce ces 15 dernières années ?
Non justement on en veut plus à l'Etat en question! smile
Tom entièrement d'accord avec vous
je comprend que les petit commerce son en train de coulé ,et le covid 19 n est pas le seule responsable,sa fait des années que les gens achète en ligne,le problème est que il y a des gens qui on très peux d argent pour vivre ,et pour eu sa coûte moins chère acheter en ligne,et il peuvent payer en plusieurs fois,chose qu il n'est presque pas possible dans les petit commerces, et il y a des gens qui son dans des endroit reculé au quelle il y a pas ou très peux de magasin aussi, d'autres qu il ne peuvent pas se déplacé , les commerce en ligne doivent servir a c est gent la en théorie, tout est une question de fric! il faudrait que tous les commerces en ligne et et les petit commerçant soi au même prix c est tout.
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