Comparatif : le prix d'un ebook et le prix du livre papier

Clément Solym - 02.03.2010

Edition - Economie - comparatif - prix - ebook


Le modèle d'agence, soit la fameuse fourchette de vente comprise entre 12,99 $ et 14,99 $ qu'Apple a mise en place avec les éditeurs pour la vente d'ebooks sur l'iPad est une expérience, certes, mais avant tout une avancée sur le prix de 9,99 $ proposé par Amazon.

Dans le marché du numérique, les consommateurs trouvent cependant normal que les éditeurs proposent des tarifs plus avantageux. Mais de leur côté, les maisons tentent de faire comprendre que l'on a exagéré les économies que les ebooks leur font faire. Si les coûts d'impression disparaissent, bien d'autres apparaissent.

Mais alors, demande le New York Times, combien coûte un ebook en regard d'un pbook ? Réponse en chiffres.

Le prix du papier

Pour un hardcover, vendu 26 $, le libraire achète 13 $ à l'éditeur, lequel verse environ 3,25 $ pour l'impression, le stockage et l'expédition - ainsi que les retours.

Une couverture est payée 80 cents et niveau marketing, on table sur environ 1 $, mais cela dépend des titres et des moyens de l'éditeur.

Ajoutons également les 15 % traditionnels de l'auteur, soit 3,90 $ sur les 26 $ de prix de vente... Et il resterait donc 4,05 $ pour la maison, qui doit payer ses charges (loyer, employés, ect.), se prendre un salaire. Et tenter de faire des profits.

Et celui de l'ebook

Allez, maintenant la même chose pour un ebook. Partons des 12,99 $ vendus pour l'iPad, sur lesquels Apple ponctionne 30 %, donc 9,09 $ restent à la maison. La conversion en numérique est estimée à 50 cents et le marketing à 78 cents.

Les droits d'auteur sont actuellement discutés âprement - et pour l'heure, la norme est de 25 %, donc 3,25 $. Voire moins. Alors, il resterait aux éditeurs entre 4,56 $ et 5,54 $, avant de payer les frais généraux...

De prime abord, l'ebook serait donc plus rentable. Sauf que les ventes ne permettent pas de récupérer d'argent, ne représentant que 3 à 5 % des ventes sur le territoire étatsunien.


Donc dans tous les cas, empêcher au maximum les diminutions de prix des ebooks est une nécessité. Pour Mike Shatzkin, directeur général de Idea Logical Compagny, société de consulting pour les éditeurs : « Si vous voulez que les librairies restent en vie, alors vous souhaitez ralentir ce mouvement sur les ebooks. Et le plus simple moyen de ralentir [NdR : la croissance] des ebooks, c'est de ne pas leur créer de marché. »

Oups...

Aujourd'hui, poursuit le NYT, l'industrie repose sur le fait admis que 70 % des publications ne rapporteront pas beaucoup d'argent, une fois les différents frais payés. Et un jeune auteur ne risque pas de faire fortune avec son premier livre. Forcément, si les marges diminuent, sans une compensation réalisée par le volume, peu de solutions s'offrent...

La seule chose certaine, c'est que de tenter de freiner cette nouvelle industrie est une grave erreur...