Concentration : Time Warner dans le collimateur de Rupert Murdoch

Julien Helmlinger - 18.07.2014

Edition - International - Rupert Murdoch - Médias - concentration


L'empire médiatique de Rupert Murdoch entend visiblement étendre son espace vital, à l'ère des grandes concentrations capitalistiques de la Silicon Valley. Au cours du mois de juin, le PDG de 21st Century Fox a fait son offre de rachat à Time Warner. La proposition, estimée aux environs de 80 milliards $ (59 milliards €), a été refusée par le conglomérat concurrent. Cependant, l'homme d'affaires ne s'avouerait pas encore vaincu. Celui-ci envisagerait de faire miroiter un second appât pécuniaire à sa proie, et aurait encore d'autres cartes à jouer.

 

 

 

 

Réunir ainsi deux des plus imposants acteurs américains des médias et télécoms occasionnerait un mouvement de concentration des plus ambitieux. Une véritable machine de guerre pesant au total dans les 60 milliards de dollars annuels de chiffre d'affaires, avec ce que le rapprochement stratégique impliquerait d'opportunités de réduction des coûts. Certains critiques ironisent déjà en imaginant les crossovers potentiels, voire démentiels, qui pourraient réunir Harry Potter avec Homer Simpson, et les envoyer stopper des hordes de zombies qui marcheraient sur les terres de Westeros...

 

Voilà qui serait bon pour les affaires de Rupert Murdoch, certes, et pour un moment de franche rigolade, mais plus inquiétant pour les indépendants qui peinent à se maintenir dans le même bac à sable. Un pareil empire se composerait alors de deux studios parmi les géants hollywoodiens, et réunirait CNN avec Fox News sur le terrain de la télévision, en englobant la très fructueuse chaîne HBO. Dans la mesure où les autorités en matière de concurrence ne s'y opposeraient pas malgré les inquiétudes que peut soulever une pareille fusion, à cheval sur les contenus de divertissement, d'information et autres. 

 

Détail intéressant, relevé par Les Échos, les actionnaires de Time Warner seraient près de 70 % à cumuler des parts de capital à la fois dans le conglomérat convoité par Murdoch, mais aussi dans la 21st Century Fox qu'il détient déjà. Une fusion ne serait donc probablement pas pour leur déplaire et ceux-ci pourraient en conséquence contribuer à peser sur un éventuel revirement de décision en faveur de la concentration.

 

Depuis la petite bourgade fictive de Springfield, Mr Burns semble avoir choisi son camp :

 

 

Rupert Murdoch Simpsons from Kof-i on Vimeo.