Concurrence : Amazon sous le coup d'une enquête de l'Europe

Nicolas Gary - 10.11.2020

Edition - Justice - Europe Amazon data - données personnelles Amazon - justice Europe Amazon


Les législateurs de l’Union européenne viennent déposer un recours contre Amazon, accusant le géant de comportement anticoncurrentiel. Ce dernier aurait recours aux données des vendeurs de sa marketplace, pour s’octroyer un avantage économique et commercial. Les motifs de cette accusation ont été transmis ce 10 novembre à la firme.



La Commission européenne emboîte, une fois n’est pas coutume, le pas aux autorités américaines, qui planchent sur ce sujet depuis des mois. Même causes, mêmes effets, mais l’Union avait déjà commencé à décortiquer le comportement de la firme, tout à la fois marchand de ses propres produits et revendeur, dès 2018.

En plus de commercialiser tout ce qui existe, ou peu s’en faut, le Everything Store ouvre ses étals numériques aux revendeurs tiers. Par le biais de sa place de marché, des commerçants externes peuvent toucher de nouveaux clients — à des conditions draconiennes.

Si une véritable distorsion de concurrence était actée, la firme risquerait une amende de 10 % de son chiffre d’affaires mondial — soit pas loin de 30 milliards $.

Bien entendu, elle rejette pour le moment les affirmations préliminaires de la Commmission. « Nous continuerons de tout mettre en œuvre pour nous assurer qu’elle dispose d’une compréhension précise des faits », indique un communiqué cité par l’AP. 

Une audition sera prochainement mise en place, où l’entreprise pourra compléter ses déclarations écrites. Mais on assiste bien là à un nouvel effort des autorités européennes pour tenter de réduire le pouvoir des géants de la high tech

Plusieurs amendes pour violation des lois antitrust sont tombées, avec notamment un Google qui avait écopé de plusieurs milliards de pénalités.
 

Commissaire, ou shériffe ?


La commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, semble de son côté décidée à serrer la vis. Ses équipes estiment avoir réuni suffisamment de preuves pour inculper la firme de Jeff Bezos : en récoltant les informations des vendeurs tiers, l’entreprise dispose d’une base de données significative. Or, tout porterait à croire qu’elle y puise, illégalement, pour définir les prix de ses propres produits. 

Avec pour conséquence de saper les tentatives de sociétés indépendantes dans leur investissement sur des marchés comme la France ou l’Allemagne, indique la commissaire. Si une société fournit un produit qui devient particulièrement populaire, Amazon dispose alors de toutes les ressources pour sortir un produit concurrent, avec des avantages tarifaires et des profils de clients plus simples à établir.

Dans le même temps, la Commission ouvre une seconde boîte de Pandore : les vendeurs qui passent par le réseau logistique de livraison d’Amazon bénéficieraient de fonctionnalités interdites aux autres. Pour Vestager, il importe que les indépendants puissent rivaliser avec les mêmes armes.

Ce qu’il faut retenir, c’est que Jeff Bezos, devant le Congrès américain, avait juré que cette idée de magouille autour des données était contraire aux règles de sa propre politique. Problème : personne ne peut s’assurer véritablement du contrôle et de l’imperméabilité entre ces deux facettes du vendeur. 

Dans son plaidoyer, le porte-parole ajoute : « Aucune entreprise ne se préoccupe plus des petites sociétés, ou n’a fait plus pour les soutenir au cours des deux dernières décennies qu’Amazon. On compte plus de 150.000 entreprises européennes qui vendent à travers notre site, et génèrent des dizaines de milliards d’euros de revenus par ans, avec la création de centaines de milliers d’emplois. »

Des informations, pour le coup, absolument impossibles à vérifier…


crédit photo : WilliamCho CC 0


Commentaires
Il est connu que les distributeurs ont observé les ventes des fournisseurs avant de leur piller une bonne part de leurs produits pour faire leurs marques distributeurs et leurs premiers prix. Et lsq en plus le fabricant a le couteau sous la gorge, il deale pour les produire en sus de ses propres marques.. Ça c'est il y a psq 50 ans... Le ridicule s'amplifie dès lors qu'il faut imaginer que ces biens pensants vont engager 99Þs commerçants dans des enquêtes similaires... Psq amz pèse 1% du commerce mondial. Quid au fait du pillage massif chinois ? Amz à bon dos, suscite auprès de certains toute vindicte utile au déni du progrès, et bien des avis d'un aveuglement apeurant. Ce n'est pas en tapant sur ces hight tech que l'Europe rattrapera 30 ans de recherche-développement et de disruption. M'enfin, s'il est question de multinationaliser et d'européaniser l'ancien régime français, c'est pas gagné et ce n'est pas aller de l'avant. Il y a sans doute mieux à faire pour développer des alternatives et arrêter de jalouser des winners
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