Concurrence : entente sur le prix des ebooks d'Apple et Amazon

Clément Solym - 03.08.2010

Edition - Justice - entente - apple - concurrence


Quand les opérateurs de téléphonie mobile s'étaient fait tirer les oreilles et que la Cour de cassation avait, en avril dernier, avait invalidé l'amende de SFR et Bouygues pour entente sur les prix, on parlait alors de 92 millions €. L'affaire remontait à 2005... (en savoir plus, sur Numérama)

L'histoire pourrait se répéter, dans un autre domaine, alors qu'Apple et Amazon ont été convoquées par le procureur général, Richard Blumenthal, du Connecticut. Ce dernier souhaite déterminer si les éditeurs ont donné aux deux sociétés des tarifs sur les livres numériques qui poseraient de réelles problématiques concurrentielles.

Grat, grat, grat

Selon Richard, la situation est de toute manière sujette à caution. Étant donné la force de vente qu'incarnent les deux machines, il convient de déterminer si les éditeurs proposent des tarifs justes, indispensables à une saine concurrence. Et sur ces enjeux-là, on ne rigole pas avec la justice américaine. Il évoque des accords qui « semblent dissuader certains éditeurs d'offrir des remises aux concurrents d'Amazon et d'Apple - parce qu'ils doivent offrir les mêmes montants » aux deux firmes.

Et forcément, en bout de course, c'est le consommateur qui est lésé, et ça, ça ne passe pas. L'État du Connecticut va donc ouvrir un dossier portant sur des contrats de favoritisme que les revendeurs auraient passés avec certaines maisons. Une entente qui interdirait aux éditeurs de proposer des réductions similaires aux autres revendeurs, pure player ou non.

Si pour l'heure seuls les deux A sont convoqués, le bureau du procureur a trouvé des tarifs identiques chez les deux autres concurrents, Borders et Barnes & Noble. Et les éditeurs identifiés comme ayant passé ces accords seraient Hachette Book Group, HarperCollins, Macmillan Publishers, Simon & Schuster et Penguin Group. On ne trouvera pas Random House qui n'est toujours pas intéressé par l'offre de l'iBookstore.

En soi, les accords privilégiant certaines sociétés ne sont pas illégaux, cependant, à compter du moment où ils privent les consommateurs de tarifs compétitifs, ils deviennent problématiques.

Convoquées dans le bureau du procureur

Deux lettres on été adressées le 29 juillet aux sociétés
Les deux firmes sont invitées à se présenter au bureau du procureur général avec leurs avocats pour commencer à discuter de cette situation. « Les inquiétudes sont aggravées, et donc potentiellement gênantes, puisque cet arrangement paraît être quelque chose qui sera accepté par les plus grands éditeurs de livres numériques aux États-Unis, et que deux concurrents dicteraient probablement le plus grand marché d'ebooks », ajoute Richard.

Des prix uniformes, qui résultent cependant du contrat d'agence qu'Apple a imposé pour les ventes d'ebooks via sa plateforme, et qu'Amazon, sous la pression des éditeurs, a dû accepter. Mais pas encore mis en place. Si ce système permet aux maisons de fixer le prix des ebooks, il pourrait avoir entraîné des accords rendant impossible la libre concurrence.

Et vraiment, là-dessus, les USA ne rigolent pas...