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Condamné par Singapour, l'écrivain britannique fait appel

Clément Solym - 11.04.2011

Edition - Justice - peine - mort - singapour


Personne n'a oublié Alan Shadrake, auteur britannique parti en tournée promotionnelle à Singapour, et arrêté, à peine son premier pas posé sur le territoire.

Dans son ouvrage, Once a Jolly Hangman: Singapore Justice in the Dock., Alan conteste ouvertement l'impartialité de la justice du pays, autant que l'intégrité ou encore l'indépendance de la magistrature. Bilan des courses, le bureau du procureur général l'avait également inculpé d'outrage à la cour. Histoire de faire un compte rond.


Pour Alan, le fait que Singapour pratique encore la peine capitale - par pendaison - pour le trafic de drogue ou l'utilisation illégale d'une arme à feu méritait bien que l'on en fasse un livre. L'assassinat et la trahison en font également partie.

Et en novembre 2010, voilà qu'il était condamné à 20.000 $ locaux d'amende, accompagnés de six semaines de prison. (notre actualitté)

"Je m'en fous !"

Agé désormais de 76 ans, il vient toutefois de faire appel de cette condamnation, son avocat estimant qui plus est que « si le livre avait été considéré comme aussi dangereux et risqué, il est étonnant qu'il n'ait pas été interdit ». Et d'ajouter : « Les citoyens de Singapour ne sont pas si crédules qu'ils perdront foi en leur système judiciaire... indépendamment des critiques fortes portées à son encontre. »

Shadrake avait fanfaronné, au sortir de la première audience de sa condamnation, selon lui « une putain d'absurdité », et « s'ils me jettent en prison, je m'en fous » !

En face, l'avocat des plaignants, David Chong, faisait valoir que la condamnation à de la prison était nécessaire, pour que l'accusé ne soit pas tenté de récidiver. Et surtout qu'il tire les conséquences de son comportement méprisant. C'est certain, Alan Shadrake en a tiré les conclusions qui s'imposent : la justice du pays est caduque.

Il avait pourtant bénéficié de la plus légère peine possible dans ce cas de figure, rappelle David Chong.

"Tu me fais de la peine" (La Mort)

Selon Amnesty International, « au cours des dix dernières années, plus de 30 pays ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Si 58 pays du globe maintiennent ce châtiment pour des infractions de droit commun, moins de la moitié de ces pays ont procédé à des exécutions en 2010 ».

Pour ce qui est de Singapour, les données n'ont pas pu être confirmées, bien que l'organisation assure que des exécutions aient été avérées dans le pays, avec huit condamnations.

(via New York Times)