Conférence ordinaire pour personnages ordinaires

Clément Solym - 29.03.2010

Edition - Société - personnages - ordinaires - conférence


Au Salon du livre, il y a des conférences que l'on suit avec passion, qui sont même, sur certains points, édifiantes. D'autres restent assez siperficielles et n'apportent pas grand-chose, relevant plus de la campagne de promotion.

Exemple : la conférence « Personnages ordinaires, situations hors normes » qui se tenait au Pavillon des 30 ans hier entre 15h et 16h. Elle était animée par Jeanne de Ménibus et présentait une belle brochette d'auteurs invités : Olivier Adam, Patrick Rambaud, Jean-Marie Blas de Roblès et Daniel Kehlmann.


Sur le papier pourtant, elle avait tout pour séduire et les invités auraient pu apporter des éclairages intéressants. Malheureusement, Patrick Rambaud s'est contenté de lancer des piques à Sarkozy et de parler un peu de sa série Les chroniques du règne de Nicolas Ier, Daniel Kehlmann a brossé les portraits de quelques-uns des personnages de son dernier roman, Jean-Marie Blas de Roblès s'est fait plutôt discret. Olivier Adam est le seul à être entré un peu dans l'analyse en évoquant la raison de son attrait pour des personnages du « commun » (entendez commun comme ce que nous avons en commun, ce qui nous relie, donc des personnages proches de nous).


Il a expliqué que c'était cette majorité de personnes qui l'intéressait. Qu'il préférait se focaliser, non pas sur les dirigeants, ceux qui tirent les ficelles mais sur les effets de ces ficelles tirées sur des personnages ordinaires. Le point important selon lui pour ce type de personnages, c'est lorsque lassés du quotidien, ils se retrouvent face à une crise et que quelque chose en eux se déclenche. Il a affirmé que c'était une situation passionnante pour un romancier de voir comment on se débrouille, comment on se dépasse, dans ces moments-là.

À part ces quelques instants épars et légers d'analyse du personnage ordinaire dans la littérature, on aura pu apprécier pendant une bonne heure les présentations d'ouvrages qu'une bonne partie du public avait à n'en pas douter déjà lus.