Confidentialité : les bibliothécaires doivent lutter contre les DRM

Clément Solym - 03.07.2008

Edition - Bibliothèques - bibliothèque - protection - confidentialite


Un rôle essentiel et fondamental. La charge est lourde pour les bibliothécaires, mais au cours d'une réunion organisée par l'American Library Association dans le cadre de l'Office for Intellectual Freedom, qui se déroulait en Californie, le sujet a été largement discuté.

Manifestement, les gens n'ont globalement cure de la protection de leur vie privée. Et dans le cadre du Patriot Act fournissant quantité de renseignements et d'informations personnelles, sur les emprunts en bibliothèque par exemple, ce type d'indifférence inquiète. L'Angleterre aura d'ailleurs peut-être à faire face à un tel procédé, en délivrant aux forces de l'ordre l'accès « non seulement aux livres, mais également à l'ensemble des documents et sites internet que la personne aura consultés ».

Aux États-Unis, on a dépassé les cadres européens, et Beth Givens, directrice du Privacy Rights Clearinfhouse, estime qu'aux USA, la protection de la vie privée « est un fromage suisse, avec beaucoup de trous ». Et face à la politique de divulgation, elle estime qu'il n'existe pas de réelle mesure assurant une couverture aux citoyens.

Fonction protectrice des bibliothécaires

Mais quid du rôle des bibliothèques dans ce domaine alors ? Eh bien plusieurs éléments interviennent. La question des DRM a ainsi été soulevée : il relèverait du devoir des établissements de refuser et boycotter ce type de protection numérique qui renseigne énormément sur la personne. Les utilisateurs ignorent bien souvent ce genre de point et pour garantir l'érosion de la société dans ce domaine, peut-être faut-il attendre plus encore.

D'autre part, les bibliothèques contiennent une foule de données qui détaillent les habitudes et coutumes des personnes. On se souviendra, non sans frémir, du film Seven, où le meurtrier est en partie retrouvé grâce à ses lectures. Un cas positif, certes, mais qui se généraliserait sans peine à une surveillance méticuleuse de la population.

Entre paranoïa grandissante et réalité assourdissante, le bibliothécaire aurait une fonction tampon primordiale. Au moins dans l'information des utilisateurs...