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Conflit Amazon-Hachette : le New York Times reconnaît sa partialité

Antoine Oury - 06.10.2014

Edition - International - The New York Times - Amazon Hachette conflit - couverture journal


Margaret Sullivan est la cinquième « éditrice publique » dans l'histoire du prestigieux New York Times. Son rôle est de passer en revue les différents sujets traités par la publication, et de vérifier si les articles sont en adéquation avec une certaine éthique journalistique. Elle vient de fournir dans un éditorial ses conclusions vis-à-vis du conflit entre Hachette et Amazon, et la balance penche visiblement d'un côté...

 


new york times

(sam chills, CC BY 2.0)

 

 

Dans un édito publié le 4 octobre 2014, et déjà amplement commenté, Margaret Sullivan critique ouvertement le ton des articles publiés sur le New York Times, et consacrés au conflit entre Amazon et Hachette. « La bataille éditoriale doit être rapportée, et non menée » attaque Sullivan dès le titre de son article.

 

Elle revient ensuite sur plusieurs phrases des différents articles sur le sujet : « Nous parlons de censure : rendre délibérément un livre difficile, voire impossible, à acquérir, ou “faire disparaître” un auteur », cite ainsi Margaret Sullivan, une phrase écrite par la journaliste Ursula K. Le Guin. Elle rappelle ensuite, en citant le commentaire de Barry Eisler — auteur à succès et partenaire d'Amazon — qu'Amazon, avec ses services d'autoédition, a permis à de nombreux individus de s'exprimer par l'écrit.

 

De nombreuses nuances à apporter au traitement, et à la place laissée aux défenseurs d'Amazon ou à Amazon lui-même — même si Sullivan rappelle que la société ne s'exprime pratiquement jamais. La page de publicité achetée par Authors United pour publier une lettre signée par 900 auteurs, pour quelque 104.000 $, est également une source de soupçons. Ainsi, nulle mention n'a été faite d'une autre pétition, contre Hachette, dans laquelle l'éditeur est appelé à cesser de s'opposer aux prix bas et à la hausse des droits d'auteur.

 

« J'aimerais voir une exploration moins émotive de ces sujets économiques, un questionnement plus important des déclarations faites par les grands noms de l'industrie de l'édition, et une présence accrue de ceux qui pensent qu'Amazon peut être une aubaine pour le monde du livre, pas son assassin », termine Margaret Sullivan.