Conflit d'intérêts entre Pearson Education et certains Etats

Clément Solym - 30.12.2011

Edition - Justice - Pearson - New York TImes - Schneiderman


Déjà mises en évidence par le New-York Times, les éventuelles collusions entre le groupe Pearson et certains responsables d'État fédéral sont maintenant dans le viseur du procureur général de l'État de New York.

 

Il y a quelques mois déjà le journal new-yorkais avait révélé les liens étroits qu'entretenaient les autorités américaines en charge de l'éducation et Pearson. Depuis quelques années, Pearson Foundation envoie des délégués américains à l'éducation rencontrer leurs homologues internationaux dans des hôtels luxueux que ce soit à Londres, Rio, Helsinki ou Singapour.

 

Jusqu'ici rien d'illégal. La Pearson Foundation n'est qu'une branche associative du groupe Pearson. Mais c'est sur ce point précis que le procureur s'interroge. La question est de savoir si les activités de la fondation ont profité à Pearson Education, accessoirement l'un des plus gros éditeurs mondiaux dans le domaine de l'éducation. Car justement, son statut d'association lui interdit toute activité de lobbying. Ce à quoi ressemblent furieusement les voyages proposés.

 

Et dans le détail ?

 

Pour faire la lumière sur cette affaire, le procureur Eric T. Schneiderman a délivré la semaine dernière des mandats pour enquêter chez Pearson Education, afin de rechercher tous les documents liés à leur activité avec les fonctionnaires des départements d'État.

 

 

Plus spécifiquement, le procureur cherchera à savoir si des membres de la fondation ont tenté d'influencer ces mêmes fonctionnaires pour l'obtention de contrats.

 

De plus, il apparait que lors de ces conférences, les délégués américains, leurs collègues internationaux et le personnel de la fondation étaient accompagnés de certains hauts dirigeants de la maison mère. Neuf membres de l'exécutif de Pearson avaient pris part à la conférence de Singapour.

 

Le New-York Times révèle que sur les dix délégués américains identifiés par le journaliste, au moins sept supervisent un département d'éducation d'État qui a des contrats « substantiels » avec Pearson. Il prend comme exemple l'État de l'Illinois, qui a aujourd'hui 138 millions de dollars de contrat avec Pearson et dont le responsable du département d'éducation est allé à Helsinki et Rio.

 

Depuis le vote de la loi No Child Left Behind il y a une décennie, la demande pour des tests standardisés et des programmes d'études déjà prêts a explosé. Pearson est une des compagnies qui a dominé ce marché en pleine expansion. Aujourd'hui, ce sont près de 40 États qui ont adopté ces nouveaux standards nationaux, soit autant de clients potentiels.

 

Il y a quatre mois, le Times avait listé les États dont des délégués avaient assisté à une conférence et qui avaient également des contrats avec Pearson : la Floride, Virginie, Californie, Géorgie, Michigan, Iowa et le Dakota du Sud.

 

Et maintenant, New York

 

Le procureur concentrera ses recherches sur des contrats récemment signés entre l'État et Pearson Education pour un montant total de 33 millions de dollars. Le dernier de ces contrats avait été acté après que le commissaire d'État en charge de l'éducation, David Steiner, ait participé à la conférence de Londres.

 

David Steiner est professeur et doyen à l'Hunter College. Il rappelle qu'un chargé d'éthique de l'État avait validé le voyage. Mais le reste de l'argumentation reste flou : « Étant donné le nombre de participants, je ne peux pas savoir si les personnes avec qui je discutais étaient de la fondation ou de Pearson ».

 

Il ajoute qu'il n'y a « aucun lien » entre son voyage et le contrat ultérieur avec Pearson. De plus, il précise qu'il n'était pas directement impliqué dans le choix de sélectionner Pearson, et que son rôle se limitait à un rapport de recommandation pour Pearson au Conseil des Régents. « J'ai suivi scrupuleusement nos règles et protocoles ».

 

De son côté, la fondation se défend de toutes malversations. Dans une lettre à l'éditeur du New-York Times, le directeur de la Pearson Foundation, Mark Nieker, dit qu'il a été choqué et rappelle qu'il n'y a aucune base aux suggestions du journaliste.

 

Il affirme que ces voyages permettent d'améliorer « l'excellence éducative ». Et encore, ce n'est qu'une partie de sa philanthropie sans limites, qui qualifie ses conférences de « projets naturels et légitimes pour une fondation qui est profondément attachée à la réussite des élèves ».

 

Même si la fondation cherche faire progresser l'éducation à travers le monde, l'entreprise a eu quelques sérieux problèmes récemment.

 

En 2010, Pearson a dû payer 15 millions de dollars de pénalité à l'État de Floride pour avoir rendu des résultats de tests avec un mois de retard et 5 millions au Wyoming après des dysfonctionnements de son système online de test. Et l'État d'Oklahoma est encore en train débattre de la fin d'un contrat de 16 millions de dollars à cause de problèmes de notations.

 




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