Confusion dangereuse entre prix unique de l'ebook et offre attractive

Clément Solym - 21.10.2010

Edition - Justice - ebook - vente - loi


Frédéric Mitterrand l'avait assuré : à son retour de Francfort, il se pencherait sur la proposition de loi sur le prix unique du livre numérique, avec les personnes concernées. Loi éminemment délicate...

Les organisations professionnelles avaient signé conjointement une tribune faisant état de leur soutien à un projet de loi proposé par deux sénateurs UMP, Catherine Dumas (UMP) et Jacques Legendre. Et depuis hier, c'est la commission de la Culture au Sénat qui a examiné ladite loi, estimant que celle-ci construit « un cadre souple de régulation au livre numérique ».

Légiférer sur une révolution...

Dans un communiqué émanant de la Commission, qui manifeste tout son enthousiasme à l'égard du livre numérique, « la principale révolution dans le monde du livre depuis Gutenberg ». Et dans ce cadre, la loi qui va permettre aux éditeurs de fixer le prix de vente de leurs ouvrages homothétiques préservera, ains « la chaîne de valeur, de l'auteur au libraire, en passant par l'éditeur ».


Et de rapprocher justement ce texte du prix unique du livre fixé par la Loi Lang de 1981, « dont le bilan est très positif ». Dans l'ensemble oui. D'autant que « l'objectif est d'accompagner les mutations en cours du marché du livre numérique, non pour les empêcher, mais pour les réguler », annonce le rapporteur du texte, Colette Mélot.

« En créant ainsi un cadre législatif sécurisant pour les acteurs de la filière, il s'agit d'encourager les professionnels, notamment les éditeurs et les libraires, à s'adapter aux évolutions et à développer des offres spécifiques au commerce du livre numérique. »

Du prix unique à l'offre attractive...

Ce qui est fascinant, c'est cette pathologique tendance à croire que la loi sur le prix unique du livre numérique est à mettre en rapport avec une offre attractive et légale. Mme Mélot confond probablement main-mise sur le marché et attentes des consommateurs, ce qui plonge forcément tout le monde dans le doute.

D'autant plus que cette loi est contestable à plus d'un titre, et pas vraiment conçue, en vue de créer une offre attractive. Pour ce faire, il faudrait justement que les éditeurs conçoivent que des réduction de 20 à 30 % sur le prix de vente des livres numériques n'est clairement pas attractif.

Mais peut-être, finalement, que personne dans l'édition historique, ne souhaite rendre ces produits attractifs...

Enfin, bilan des courses, la commission a adopté le texte...