Conseils pour les libraires qui en feraient trop

Clément Solym - 03.01.2013

Edition - Librairies - Librairies - Conseils - Jas Faulkner


L'écrivaine et artiste américaine Jas Faulkner, basée à Nashville, a adressé ce 27 décembre quelques conseils aux libraires et principalement ceux qui en feraient trop. Après avoir établi l'année dernière une ligne directrice dédiée aux auteurs, et l'avoir envoyée par erreur à la librairie Sam & Tab, dans le Mississippi, la boutique lui a répondu qu'avec quelques arrangements ces affirmations pourraient également s'adresser aux commerçants du livre. Pour éviter de se faire un ulcère avant l'heure, au boulot, il est parfois bon de se prendre le temps de relativiser.

 

 

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Jas Faulkner a ainsi offert ces quelques mots de soutien, publiés sur The Bookshop Blog, comme un cadeau de Noël aux libraires auxquels elle souhaite témoigner sa gratitude de pouvoir encore parcourir leur magasin, et trouver son bonheur parmi leurs étagères pleines de livres.

 

Selon elle, telles seraient les pensées à garder en mémoire pour faire face aux idées reçues du public et lorsque l'on exerce le métier parfois ingrat de commerçant du livre :

 

Les clients s'imaginent parfois que le libraire ne travaille pas, mais passe son temps à jouer, ou à lire. Ils peuvent penser qu'il n'y aurait rien de plus agréable que de passer sa journée à fureter entre les rayons de livres, et de se contenter de passer quelques coups de chiffon entre deux pauses de lecture...

 

Or, ce qu'ils oublient, ce sont les heures passées à jongler avec les horaires des étudiants de troisième cycle, à dresser la liste des retours, ou encore à constater les dégâts occasionnés par les clients et qui peuvent rendre certains livres invendables.

 

Les clients pensent parfois que le rayon des livres jeunesse, avec leurs vendeurs attentionnés, ferait parfaitement office de garderie pendant qu'ils iraient l'âme en paix faire leurs courses, ou autres occupations extra-conjugales...

 

Mais, c'est sans compter que la journée de travail du libraire pourrait se transformer alors en un parcours de santé digne d'un responsable de colonies de vacances. Un calvaire qui pourrait bien remettre en question le programme quotidien du professionnel.

 

Les clients posent parfois, l'air contrarié, la question de savoir pourquoi les ouvrages sont si chers, et puis pourquoi on devrait les facturer d'abord, parce que les vieux livres, ça devrait être gratuit et appartenir au patrimoine de l'humanité...

 

Cependant, que les libraires se rassurent, car ces petits désagréments sont le lot de tous les métiers commerçants, où le moment de passer à la caisse constitue une parfaite occasion pour le client d'exprimer sa frustration quotidienne.

 

Inspiration... expiration.