Conservateurs, universitaires : portraits d'auteurs qui ont soutenu Trump

Clément Solym - 09.11.2016

Edition - International - auteurs américains Trump - campagne président Etats-Unis - Donald Trump livres


Le nouveau patron des États-Unis a encore quelques semaines pour se remettre du résultat. S’il a promis d’être le président de tous les Américains, le coup de massue n’en est pas moins sévère pour beaucoup. Non pas qu’Hilary fut mieux, simplement, Trump... Consternation. Et du côté des auteurs, un certain profil se dégage.

 

Donald Trump

Gage Skidmore, CC BY SA 2.0

 

 

On sait pertinenement quels furent les écrivains de grande notoriété à apporter leur soutien à Hilary Clinton : depuis JK Rowling, en passant par Stephen King – farouchement opposé à Donald – on compte également George RR Martin ou Salman Rushdie dans les rangs. Mais il y a pourtant bien eu des écrivains pour soutenir la candidature de Trump. 

 

L’un d’entre eux n’est cependant pas citoyen américain : Slavoj Žižek est un philosophe slovène, et connu pour ses provocations. Penseur marxiste radical, il fut assez étonnant de le voir rallier la cause de Trump publiquement – quand bien même il ne lui était pas possible de donner sa voix au candidat. 

 

Plus précisément, Slavoj Žižek, qui se présente comme hégélien et marxiste, a considéré que la présidence de Trump serait « potentiellement moins dangereuse » qu’une Amérique que gouvernerait Hilary Clinton. Il ne fut pas véritablement un soutien à Trump : « Je suis terrorisé par Trump. Mais je crois qu’Hilary représente le véritable danger. »

 

 

 

Le Los Angeles Times dresse ainsi une liste non exhaustive de soutiens et de partisans qui ont officiellement clamé leur plaisir à l’idée que Trump soit élu. Sans trop d’étonnement, on y retrouve avant tout des intellectuels et des universitaires très conservateurs. 

 

Universitaires, conservateurs - peu de poètes ou de romanciers

 

Le groupe Scholars and Writers for America, bloc connu pour ses positions républicaines farouches, compte parmi ceux-là. C’est ainsi qu’en septembre dernier, 130 auteurs et universitaires publièrent une déclaration commune où ils faisaient part de leur volonté politique. 

 

« Un vote pour Donald Trump est l’unique méthode possible pour défendre les principes de liberté, de justice et de prospérité que nous avons en commun contre les plus graves menaces auxquelles nous n’ayons jamais fait face : une menace qui commence à ressembler à la défaite du gouvernement républicain, et le déclin permanent du pays que nous aimons », assuraient-ils. 

 

Chose dont s’amuse le LA Times, on ne trouve que peu de romanciers, et moins encore de poètes, chez les partisans de Trump. Après, il suffit de revenir sur la consternation dont Douglas Kennedy faisait part ce matin sur France Inter pour comprendre le désarroi.

 

Trump, l'incarnation de Cthulu, en réalité ?

 

 

« Je ne pense pas que Donald Trump, qui confirme la poussée de l’extrême droite aux États-Unis, puisse gagner. C’est un clown misogyne, misanthrope, un ploutocrate sans bonté, à l’ego aussi vaste que le Grand Canyon. Avec Obama, pour lequel j’ai un immense respect, car il a fait progresser socialement les États-Unis, l’Amérique a élu le premier Afro-Américain à la présidence. Élire une femme serait tout aussi extraordinaire. Si Donald Trump passe, j’ai un passeport irlandais au cas où », expliquait d’ailleurs Kennedy voilà quelques jours. (via Les Echos)

 

Stephen King, définitivement écoeuré

 

Paradoxalement, un groupe nommé Scholars and Writers Against Trump, composé de républicains et de conservateurs, avait publié pour sa part une lettre ouverte incitant à ne pas voter pour Trump. 

 

En revanche, l’auteur des bandes dessinées Dilbert, Scott Adams, également auteur de livre compte parmi les soutiens affirmés, qui ont décidé de virer de bord. À l’origine, il avait porté son attention sur Hilary Clinton, avant de s’orienter vers Gary Johnson, avant de décider que Trump était sa solution favorite. S’il n’a pas signé la fameuse déclaration, son vote n’en était pas moins connu. 

 

« L’an dernier, je vous ai dit que Trump changerait que plus les politiques. J’ai dit qu’il modifierait à jamais la manière dont vous abordez la réalité », expliquait-il dans un post paru ce 8 novembre. Qualifié de Maître de la Persuasion, Trump est à ce titre régulièrement revenu dans son blog. 

 

Maintenant, on gardera à l’esprit que nombreux furent ceux qui décidèrent de faire campagne contre Donald Trump : dès le mois de mai dernier, une lettre ouverte exposée par plus de 600 auteurs réclamait l’attention de tous. Avec Stephen King en fer de lance, ils en appelaient à la prise de conscience. En dépit des 24.433 signatures, cela n’aura rien changé.

 

D’ailleurs, en cette heure, le King a décidé de couper les réseaux : « Plus de recommandations de livres, de conseils politiques, ni de photos amusantes de chiens dans un futur immédiat. Je coupe. » 

 

 

 

Du côté de la littérature jeunesse, note Publishers Weekly, plusieurs auteurs tentèrent, à travers le #YA4Hilary, de grossir les rangs. « Les histoires auxquelles nous travaillons atteignent des millions de lecteurs et changent des vies. Utilisons ce pouvoir pour soutenir Hilary. » Sauf que la magie, parfois, n’opère pas.