Contrat de vente exclusive entre un auteur et un libraire

Clément Solym - 26.02.2009

Edition - Société - contrat - vente - exclusivité


C'est du jamais vu, ou quasi : on a l'habitude d'entendre les partenariats exclusifs entre opérateur téléphonique et constructeurs d'appareils, voire même d'apprendre que Fnac, Hachette et Sony distribueront le Reader dans un accord d'exclusivité qui ne veut pas dire son nom... D'ailleurs, fin mars, ce sera la ruée vers l'encre électronique pour tout le monde...

Mais enfin, la décision prise de ne vendre le nouvel ouvrage de Glen David Gold que, et uniquement, dans les magasins de la chaîne Waterstone, voilà qui est particulièrement singulier. Certes, l'auteur jouit d'une excellente réputation et le libraire ne s'y trompera probablement pas, mais enfin quel motif peut pousser un auteur à accepter un tel accord ? L'avantage n'est-il donc plus dans la multiplication des points de vente ?

C'est sans surprise que certaines librairies indépendantes ont annoncé leur intention de boycotter par la suite le livre, puisqu'ils ne seront autorisés à le vendre qu'à compter de l'automne, mais leurs réactions sont à la hauteur de l'étonnement. Décision épouvantable, dégoûtante, décevante, les adjectifs ne manquent pas. D'autant que l'on se doute bien qu'il se cache là-dessous une histoire d'achat de l'exclusivité, qui durera de juillet à octobre.

Du côté de l'éditeur, on affirme que Waterstone a toujours présenté des chiffres de vente énorme pour l'auteur, et qu'on pouvait bien faire un geste de ce genre. Personne n'oubliera qu'un certain livre sur Obama, publié en exclusivité sur Amazon quelques semaines avant sa sortie avait fait scandale, provoquant le boycott de la chaîne Barnes & Noble.

Ne serait-on pas dans un cas de vente liée, d'ailleurs, ou s'en rapprochant étrangement ? La concurrence déloyale est condamnée en France, et nous avons interrogé les syndicats de l'édition et de la librairie pour obtenir leur opinion sur la situation. Nous vous tiendrons informés très prochainement.