Contre le racisme passé, la bibliothèque se débaptise

Cécile Mazin - 08.07.2020

Edition - Bibliothèques - racisme université Louisiane - bibliothèque racisme nom - histoire Louisiane campus


Black Lives Matter se ramifie avec une prise de conscience et des actions immédiates. Récemment, la Louisiana State University a choisi de débaptiser sa bibliothèque. Une mesure symbolique qui s’attaque à un racisme institutionnalisé, et donc légitimisé.


 

Troy H. Middleton fut l’un des présidents de l’université. Il est aussi connu pour ses positions racistes : selon lui, les étudiants noirs auraient dû être exclus des activités sportives et scolaires. En somme, ne pas être admis dans l’université. Pour le doyen de la bibliothèque, Stanley Wilder, supprimer son nom revient à rendre justice aux étudiants d’alors et d’aujourd’hui.

Parmi les archives qu’a laissées Middleton, une lettre adressée à l’ancien chancelier de l’Université du Texas, Harry Ransom. À cette époque la faculté était sous pression, avec la nécessité d’opérer une intégration de l’ensemble des étudiants.

Middleton répondait : « Même si cela ne nous a pas plu, nous avons accepté les Noirs comme étudiants. » Sauf que ces derniers n’avaient pas l’autorisation de loger dans les mêmes espaces que les Blancs — et se trouvaient pour ainsi dire parqués.

Il ajoutait : « Nos élèves nègres (sic) n’ont pas tenté de prendre part à des activités sociales, de participer à des compétitions sportives, d’aller à la piscine. S’ils l’avaient fait, nous aurions arrêté d’ouvrir la piscine, par exemple. » Il était même disposé à trouver une bonne excuse pour empêcher un élève noir de s’investir dans une compétition sportive. 

Pour preuve, l’équipe de football, dans les années 70, ne comptait aucun noir…
 

Instaurer de nouveaux équilibres


Le changement de nom est donc une réaction immédiate, face au soulèvement Black Lives Matter, autant qu’il répond à un impératif sociétal. Pour la bibliothèque, cela intervient comme une libération : « L’établissement et les noms ne doivent pas être le rappel d’un passé raciste, qui entrave l’apprentissage de nos étudiants et leur pleine acceptation sur le campus », note un communiqué de LSU.
 
Même le gouverneur de Louisiane, John Bel Edwards, approuve l’initiative. Seule la famille de Middleton déplore et dénonce un acte déshonorant pour son nom, en regard de l’engagement — et des fonds — que Troy avait déployés. À ce titre, la bibliothèque aura à convaincre ses donateurs que la suppression de ce nom était juste : pas si évident.

Troy garde une aura glorieuse : ancien soldat ayant combattu durant la Première (colonel) puis la Seconde Guerre mondiale (général). Il fut nommé président de l’université en 1951, poste qu’il occupa durant 11 années.  

Mi-juin, l’établissement avait expliqué qu’il souhaiterait renommer la bibliothèque, dans tous les cas. « Tout élève, et en particulier les élèves noirs, qui doit entrer dans un bâtiment qui porte le nom de quelqu’un qui n’adhère pas au progrès, mais aux traditions racistes, se heurte à un obstacle dans son parcours éducatif. Ces étudiants ne se sentent pas en sécurité dans un tel bâtiment », affirmait Tom Galligan, président par intérim de la LSU.

Un comité a même été mis en place pour vérifier que les autres personnalités dont le nom figure sur les murs de l’université ne mériteraient pas un traitement similaire.   


via Library Journal

crédit photo : LSU


Commentaires
Je propose aussi qu'on débaptise l'Afrique à cause de son passé (et hélas son présent !) esclavagisme !
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