Contre le showrooming, les auteurs appelés à aider les librairies

Clément Solym - 04.07.2013

Edition - Librairies - librairies indépendantes - showrooming - bookseller week


C'est un mouvement collectif de soutien à la librairie qui se poursuit outre-Manche. Après l'appel des parlementaires à durcir la fiscalité pour contraindre Amazon à payer ses impôts comme il se doit, ce sont les auteurs du pays qui se mobilisent. Anne Sebba, présidente de la Society of Authors entend mobiliser ses membres pour qu'ils encouragent eux-mêmes à fréquenter les libraires. 

 

 

Bookshop

Beny Shlevich, CC BY-SA 2.0

 

 

 

Il revient aux auteurs de combler une lacune du secteur, et de « s'engager non seulement avec leurs librairies locales, mais celles de l'ensemble du pays, qui montreront probablement de l'intérêt pour le livre qu'ils ont écrit », explique-t-elle à la BBC. Or, c'est l'occasion ou jamais, pour les auteurs, parce que le pays vit actuellement la Bookseller Week, qui s'achèvera samedi. 

 

Une semaine dédiée aux librairies, et pour lesquelles les auteurs sont appelés à l'aide. Surtout que les concurrents, comme les vendeurs en ligne, « sont là pour rester », analyse Sebba. Pour autant, pas question « de faire en sorte que les gens se sentent coupables d'avoir acheté un Kindle ». L'objectif est simple : les livres se vendent mieux quand les auteurs vont à la rencontre de leur public, et suite à une dédicace, les lecteurs emportent plus qu'un livre. C'est un peu de l'auteur qu'ils ramènent avec eux.

 

Certains ont déjà répondu présent : Kate Mosse a lancé une tournée promotionnelle, qui ne cible que les librairies indépendantes, à l'occasion de son nouveau roman. « Que mes livres soient achetés chez Amazon ou Tesco ou un libraire indépendant, importe peu, de mon point de vue d'auteur dont les gens veulent lire les textes. Mais en tant que lecteur, et alors que je vis dans une petite ville, avoir des librairies, qui sont au coeur de notre communauté - des bâtiments de brique et de mortier - cela fait de nous une nation qui se préoccupe des livres. »

 

D'autant plus qu'une prise de conscience s'effectue à l'heure actuelle, chez les Britanniques. Alertés des pratiques fiscales des vendeurs en ligne, les consommateurs seraient, plus enclins à condamner, et 60 % sont disposés à retourner dans les boutiques, selon une étude dévoilée durant la Bookseller Week. Pourtant, 63 % d'entre eux continuent de pratiquer le showrooming, en se rendant dans les librairies avant d'acheter en ligne. L'enquête a été réalisée pour le compte de la Booksellers Association.

 

Renforcer l'expérience en magasin, c'est l'une des pistes de l'étude de Censuswide, qui dévoile que 80 % des Britanniques redoutent que l'on trouve moins de librairies dans les cinq prochaines années. Problème : si on n'y achète plus de livre, leur fermeture semble assez inéluctable. Or, si le showrooming frappe les librairies, d'autres secteurs d'activités sont également concernés - et ce type de comportement s'ajoute à d'autres difficultés bien connues, comme la hausse des loyers ou plus généralement la hausse des coûts structurels.

 

« Les librairies font preuve d'ingéniosité et de créativité pour parvenir à toucher leurs clients, mais sont obligées de se battre sans rien lâcher pour rester commercialement viables », constate Meryl Halls, de la Booksellers Association. En l'espace de 5 ans, entre 2007 et 2012, le nombre total de librairies est passé de 1424 à 1028 dans le pays.