Contrebande de livres volés en bibliothèque : 87.000 $ de facture

Clément Solym - 11.11.2009

Edition - Bibliothèques - contrebande - livres - volés


Entre novembre 2008 et juillet 2009, près de 87.000 $ de vols ont été enregistrés par le Prince George's County Memorial Library System (Maryland), ont hier dévoilé les procureurs du district. Selon les autorités, douze personnes ont été mises en accusation pour avoir instauré un réseau de revente de manuels scolaires qui vérifiait le prix des ouvrages présents et les revendait à des boutiques de livres d'occasion pour obtenir de l'argent frais rapidement.

On estime que 75 ouvrages furent ainsi l'objet d'un recel organisé par 12 résidents du Maryland, âgés de 20 à 51 ans. Chacun d'entre eux encourt une peine maximale de 15 ans de prison pour des vols évalués à 500 $ par tête de receleur.

Des bibliothèques universitaires auraient également fait les frais de leur réseau de revente, expliquent les autorités. Mary Eilerman, directrice de la sécurité à l'Harford Community College : « Ils vont très loin et ratissent large en regard du peu d'argent qu'ils perçoivent. Ils arrachaient les codes-barres et revendaient les livres à des bouquinistes aussi rapidement qu'ils le pouvaient. »

Dans ce type de transaction, un ouvrage coûtant une centaine de dollars ne rapporterait que 3 ou 4 $ à la revente. L'un des suspects serait même soupçonné d'avoir profité de son butin pour acheter des ecstasys. Le porte-parole de la bibliothèque Prince George ajoute que ces 75 vols représentent une perte d'un peu plus de 2 % en regard des 4 millions $ investis chaque année dans l'achat de livres.

Pour autant, Jim Retting, ancien président de l'American Library Association estime qu'il est difficile de faire face aux vols dans les bibliothèques. « Nous voulons avant tout que les documents soient utilisés. Nous souhaitons qu'ils sortent » de l'établissement. Aujourd'hui bibliothécaire à l'université de Richmond, en Viriginie, Rettig respect circonspect : « Si nous voulions prévenir les vols, nous ne laisserions pas les documents quitter le bâtiment. »