Controverse autour de l'autobiographie de Sylvia Plath

Xavier S. Thomann - 21.01.2013

Edition - International - Sylvia Plath - Ted Hugues - Faber et Faber


Sylvia Plath est connue pour ses poèmes, mais aussi pour son roman semi-autobiographique La Cloche de détresse. Le Guardian nous apprend que ce dernier ne devait pas être publié sous son nom. L'auteur souhaitait que son nom apparaisse, mais seulement après la mort de sa mère, craignant de la blesser ainsi que d'autres membres de sa famille. 

 

Sylvia Plath's grave

Anosmia, CC BY 2.0

 

Pourtant, le livre n'est demeuré que trois ans sous le pseudonyme choisi initialement par Plath, à savoir Victoria Lucas. Le roman est paru sous ce nom en janvier 1963, une édition qui comportait la dédicace « Pour Elizabeth et David. » Cette dédicace est devenue un motif de discorde entre les deux personnes concernées et l'éditeur Faber and Faber. 

 

Concernant la publication du livre sous le nom de Plath, qui est intervenue après le suicide de celle-ci en 1963, c'est le mari et l'exécuteur testamentaire de Plath, Ted Hughes, qui semble être à l'origine de la décision. Ce qui peut étonner dans la mesure où la mère de Plath n'est morte qu'en 1994, or le pseudonyme est tombé dès 1966. 

 

Elizabeth Sigmund est partagée quant à cette décision : « Bien sûr, il y a deux façons de voir cette affaire. Parce que c'était un livre magnifique, on peut être content qu'il lui ait été attribué. Mais il faut aussi prendre en compte ses voeux. Si elle avait dit qu'elle ne voulait blesser personne en le publiant sous pseudonyme... Je pense que Ted et Olwyn auraient dû le mentionner. »

 

Car l'éditeur lui s'est toujours défendu d'avoir agi seul. Faber et Faber ont dit au Guardian qu'ils ne disposaient d'aucun document montrant que la maison d'édition avait des raisons de croire que le livre ne pouvait être publié sans le pseudonyme même après la mort de l'auteur. De même, l'éditeur avance que rien ne prouve que la dédicace aurait été retirée sciemment par l'éditeur. Celui-ci fait état d'un simple oubli. 

 

Cette histoire peut nous sembler bien dérisoire. Mais ce serait sans compter sur l'aura qui entoure Sylvia Plath en Angleterre et aux États-Unis. 50 après sa mort, elle n'en finit pas de fasciner.