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Controversé et splendide, l'auteur de SF Harlan Ellison est mort

Nicolas Gary - 30.06.2018

Edition - International - Harlan Ellison mort - romans scénario télévision - Star Trek scénarios


Le romancier américain s’est éteint à l’âge de 84 ans. Dans le secteur de la science-fiction, c’est une perte immense, mais pour l’édition dans son ensemble, la figure d’un auteur majeur disparaît. De ses romans en passant par Hollywood, c’est avec Star Trek que l’homme devint notamment légendaire. N’est-ce pas M. Spock ?

 

couverture de The Beast That Shouted Love at the Heart of the World


 

Ce sont ses colères qui le rendirent par-dessus tout sympathique auprès du public, tout en forgeant l’image d’un implacable professionnel. Avec une sincérité désarmante, il pouvait proférer les pires horreurs en parlant de son métier, sans pour autant oublier d’être honnête, profondément.

 

Évoquant les multiples scénarios qu’il put produire dans sa vie, il admettait sans peine : « Oui, je vends mon âme, mais je la vends à des taux élevés. » Parmi ces productions, on compte The Oscar, avec l’acteur Stephen Boyd. Côté télévision, il a pris part à The Flying Nun, Route 66, The Outer Limits, Star Trek ou encore The Alfred Hitchcock Hour. 

Mais ce n'est pas tout, puisque bien plus tard, il fut sollicité pour Twilight Zone ou encore Babylon 5.

 

Et tout le bonhomme était précisément dans ces quelques mots. On ne plaisantait pas avec sa rémunération, son implication. Et dans le même temps, il a apporté à la science-fiction une voix différente : une sensibilité littéraire à une époque où l’établishment ne voulait pas en entendre parler. Et que le genre était tenu loin de la littérature, l’authentique, la vraie. « Personne ne lui ressemble », reconnaît volontiers Stephen King.

Né en 1934, il aura vécu l’âge d’or de la science-fiction, tout en travaillant à cette démocratisation, à l’opposé de la hard science-fiction. Durant sa carrière, il remporta pourtant les grands prix du secteur — Nebula, Hugo et Edward — alors que sa vie personnelle fut des plus mouvementées. Marié cinq fois, presque autant que Philip K. Dick, il n’eut cependant aucun enfant. 

 

Controversé durant toute sa carrière, il débuta en 1949, avec des nouvelles, juste avant de quitter l’Ohio pour New York. C’est dans les années 60 que, arrivé en Californie, la télévision s’imposera progressivement. 

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Il travailla également durant une journée — une seule ! – pour les studios Disney. Il se fit renvoyer par le cofondateur Roy Disney, un jour où ce dernier l’entendit plaisanter en envisageant la création d’un film porno avec les personnages de l’entreprise. Il fut vengé par Internet… Et a dû beaucoup rire depuis…

Au cours de sa vie, il aura fait paraître près de 1800 histoires, et nombre d’entre elles comptent véritablement parmi les meilleures choses que la SF a pu connaître. Le Hemingway de la science-fiction entend-on… Possible. En tout cas, leur rencontre n’aurait pas manqué de saveur.

 

On peut retrouver chez Folio ses livres Dérapages (traduit par Hélène Collon, spécialiste de Dick, justement…) et La machine aux yeux bleus, un recueil de nouvelles, chez Flammarion. Les plus chanceux pourront également trouver une ancienne édition de Dangereuses visions, perle exceptionnelle de la New Wave, qui se changea en trilogie.

 

Ou bien Hitler peignait des roses, autre recueil de nouvelles qu’avaient fait traduire les Humanoïdes associés… Bonnes lectures.

 



 




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