Corée du Sud : 200 professeurs accusés de plagiat

Julie Torterolo - 01.12.2015

Edition - International - Corée - plagiat - universitaires


Ce mardi 24 novembre, des procureurs coréens ont annoncé vouloir poursuivre près de 200 professeurs de l'enseignement supérieur dans le pays. Les universitaires concernés sont tous soupçonnés de plagiat : ils auraient réédité en leurs noms plusieurs ouvrages existants en changeant uniquement la couverture. 

 

malik ml williams, CC BY-NC 2.0

 

 

Au cours de ces derniers mois, ce sont les procureurs du district de Uijeongbu, en Corée du Sud, qui ont appelé ces centaines de professeurs, provenant de 50 universités différentes, à se présenter pour un interrogatoire. Selon l’agence de presse Yonhap, la plupart auraient reconnu leur culpabilité. 

 

Université et éditeurs ont été perquisitionnés à travers le pays : quatre employés de maison d’édition sont également soupçonnés d’être impliqués dans la supercherie. Selon Yonhap, il s’agirait de réelle pratique de corruption et de pression. Éditeurs, auteurs originaux et professeurs seraient au courant de la manœuvre. Les auteurs originaux fermeraient alors les yeux sous pression de leurs éditeurs, ou en échange de quelques liasses de billets. 

 

La motivation d’un tel plagiat pour des universitaires résiderait simplement dans l’amélioration de leurs profils académique et d’éventuelles promotions, augmentations ou réembauches. Une bien mince récompense face aux peines encourues : ils risquent de perdre leur fonction, leur grade et de purger jusqu’à cinq ans de prison ainsi qu'une amende de 50 millions de won (environ 40 000 €). 

 

Le plus étonnant reste que la corruption sévit de plus en plus dans les universités coréennes. Selon un sondage 2014, sur 417 étudiants coréens, 33 % ont avoué avoir déjà rencontré des problèmes de corruption pour leur recherche ou rédaction de thèse. 

 

« La pratique est répandue depuis les années 1980 dans le milieu de l’édition, mais très peu ont été puni », explique Kim Young-jong, du bureau du procureur. « Nous allons prendre les mesures nécessaires contre ces professeurs universitaires sans morale afin de protéger les étudiants innocents de leur pratique. »