Corinne Maier attaquée par les éditions Michalon et condamnée

Clément Solym - 15.11.2012

Edition - Justice - michalon - corinne maier - procès


Corinne Maier, auteure de Bonjour Paresse, les éditions Michalon ne veulent plus en entendre parler. Dans une guerre ouverte qui oppose la maison à certains de ces anciens auteurs, Michalon éd. vient d'attaquer l'écrivain pour « diffamation ». Depuis trois ans que les revendications durent, il s'agissait enfin de « passer à autre chose », assure l'éditeur, agacé.

 

 

 

 

« Mme Maier a été condamnée à 1.000 euros d'amende avec sursis pour diffamation, tout comme un ancien correcteur, reconnu coupable de complicité de diffamation et d'injure. Ils ont tous deux été condamnés à verser à M. Michalon un euro de dommages et intérêts et 3.000 euros pour les frais de justice », explique l'AFP.

 

Condamnée, avec Clément Maraud,  pour « avoir diffamé Yves Michalon en l'accusant sur un blog d'avoir organisé la faillite de la maison d'édition qui porte son nom », Corinne Maier se révolte d'autant plus. Et l'auteure de reprendre alors cet acte engagé contre elle et Clément Maraud dans divers billets et de le juger avec dépit : « Du jamais vu en Intello-land, un milieu où se multiplient pourtant les trappes sournoises et les bâillons fermetagueulistes ». Et de finir par se demander : « Mais alors, où est passée « l'effervescence du débat » revendiquée haut et fort par cette noble équipe de combattants des libertés ? ».

 

Secrets et tapis

 

Pour Corinne Maier, il s'agit ni plus ni moins de défendre la condition de l'auteur dans ce qu'elle nomme un « univers impitoyable » qui compte tant d' « Indignés ». Car depuis le rachat des Éditions Michalon, et son redressement judiciaire en 2009, les auteurs réclament (en vain) le versement de leurs droits d'auteur qu'ils n'ont toujours pas perçu. Mécontents d'être « restés sur le carreau suite au rachat des éditions Michalon par Max Milo en 2009 », Corinne Maier a organisé, il y a quelques années, le « dîner des cons » afin d'informer les nouveaux auteurs des « dirty secrets que les éditions auraient préféré garder sous le tapis ».

 

Pour les éditions Michalon, des sites qui annoncent « Vous vous préparez à envoyer un manuscrit aux éditions Michalon ? Imprudent, suspends ton geste et lis d'abord les témoignages qui suivent… » / « Et sache que, si tu n'es pas payé, pas question de protester sur la place publique, car les éditions feront tout pour te faire taire », ça commence à suffire.

 

Bien que « ce ne soit pas le tempérament de la maison de lancer des procédures », expliquent les éditions Michalon, l'équipe éditoriale se dit heureuse d'avoir engagé un procès. Tout le monde, à l'époque, a souffert : les auteurs autant que les salariés. Mais là, il fallait « prendre le taureau par les cornes », nous assure-t-on. Marre donc de Corinne Maier, « agaçante » et d'autant plus « désagréable pour les auteurs qui nous suivent ».

 

Passer à autre chose

 

Pour Michalon, désormais, Corinne Maier (et les autres, les « anciens ») « c'est derrière nous ». Aujourd'hui, il s'agit de promouvoir de nouveaux auteurs, de les défendre et de les accompagner loin de ses maugréations. D'ailleurs, plusieurs auteurs des anciennes éditions ont resigné avec les actuelles éditions Michalon. La maison affirme ne pas savoir ce qui se trame réellement derrière Corinne Maier, s'il s'agit d'un cas isolé ou d'un groupe d'auteurs qu'elle a réussi à rassembler derrière elle. Ce qui est clair, c'est qu'« elle n'a pas le droit de dire n'importe quoi. On n'a pas bougé pendant des années, on a encaissé, maintenant ça suffit ».

 

Actuellement, le verdict a été rendu par la 17e chambre correctionnelle de Paris. « Michalon n'a pas obtenu ce qu'il demandait : rien moins qu'une publication judiciaire dans Le Monde et Le Figaro », déclare Corinne Maier.

Et d'ajouter : « On retiendra de ce procès l'invraisemblable ligne de défense d'Yves Michalon, expliquant benoîtement à la Cour que ce seraient ses auteurs et sous-traitants qui devraient porter le chapeau de sa faillite. En effet, les impudents ont demandé à être payés ! Où irions-nous si tous les créanciers exigeaient leur dû ! L'économie s'effondrerait ! »

 

Bref, « La faillite… […] ça n'est qu'un mot. Tu te débrouilles pour déposer la marque ou être racheté pour deux francs six-sous par un pote. Comme ça, ça t'allège des dettes de la boîte, et tout peut continuer. Comme si de rien n'était, pour reprendre le titre d'un album de Carla Bruni », clame Corinne Maier.

 

Et les éditions Michalon de souhaiter que l'on parle bientôt plus du catalogue que des plaintes de Corinne Maier.