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Coronavirus : “Les livres ne sont pas des produits indispensables”

Clément Solym - 19.03.2020

Edition - Librairies - coronavirus librairies Belgique - livres produits indispensables - librairie concurrence


La prudence est de mise plus que jamais : après trois jours de confinement, les dérapages journalistiques commencent. Après une erreur d’interprétation, commise sur France Inter, la question de l’ouverture des librairies est devenue un sujet majeur. D’un côté, ceux qui plaident pour une fermeture de bon sens sanitaire, de l’autre, ceux qui, parce que vendeurs en ligne, souhaitent maintenir l’activité.

Librairie Filigrannes
ActuaLitté, CC BY SA 2.0 (librairie FIligranes)
 

Outre-Quiévrain, on ne l’avait pas vu venir : entendre sur une antenne de radio française que les librairies étaient ouvertes. « C’est amusant, parce que cette bizarrerie qui nous fait appeler “librairies” des maisons de la presse, où l’on vend aussi du tabac et des jeux de hasard, a été reprise pour servir d’argument face à un ministre », sourit un auteur belge. Un ministre, et pas des moindres : Bruno Le Maire, celui de l’Économie, qui s’empresse de sauter à pieds joints dans le malentendu

Moralité, le sujet déjà chaud devient brûlant, et les clans se forment — en France. Parce que côté belge, une certaine uniformité se dessine. Depuis ce 18 mars, la librairie Filigranes à Bruxelles a en effet choisi de fermer temporairement ses portes. « Nous risquons d’être confinés pendant deux mois. À noter que notre projet de livraison à domicile en ligne qui devait démarrer ce jeudi ne sera que postposé dans l’attente des directives gouvernementales », pouvait-on lire dans le communiqué.
 

Pendant ce temps, en Belgique...


Le Syndicat des libraires francophones de Belgique vient à son tour de prendre position sur l’épidémie qui galope : le Conseil national de sécurité belge a adopté le 17 mars des mesures renforcées, dont les librairies se montrent solidaires. « C’est une question d’urgence sanitaire, de civisme et de bon sens ! » 

Et de préciser, non sans rire sous cape, que si les “ librairies” peuvent rester ouvertes, il s’agit bien des kiosques et commerces de journaux, comme en France. Et non des librairies de livres. Le SLFB demande donc aux médias de faire attention dans leurs propos, et d’user des bons termes. 
 
« Plusieurs librairies de notre réseau avaient décidé de fermer avant ces mesures de restriction du 17 mars et aujourd’hui plusieurs librairies mixtes (presses/livres) ont aussi décidé, pour des questions de sécurité et de solidarité, de ne pas profiter de la possibilité qu’ils aient de rester ouverts », indique le communiqué.

Or, le Syndicat recommande à ses membres de fermer et d’éviter tout service de retrait et de livraison, de sorte à protéger tant les salariés que les livreurs. 
 

Ne pas fermer les yeux pour autant


Pour autant, les risques sanitaires et les problèmes de concurrence déloyale ne sont pas ignorés : le SLBF demande des mesures gouvernementales pour y remédier, d’autant plus préoccupé que « cette décision de fermer représente un sacrifice financier énorme pour l’ensemble de la profession ».

Le Syndicat demande donc « que nos fournisseurs arrêtent de servir la grande distribution et les plates-formes de ventes en ligne et que les pouvoirs publics se positionnent pour empêcher la vente de livres chez ces acteurs. Les livres ne sont pas des produits indispensables ». 

Et de poursuivre : « C’est un non-sens sanitaire et une concurrence intenable pour la librairie indépendante, les conséquences au réveil risquent d’être dramatiques ! D’autant que, comme tout le monde le sait, ce n’est pas grâce aux impôts de ces GAFA que nous relèverons notre économie. » 

Et en attendant que les librairies (de livres) puissent rouvrir, le SLBF invite tout un chacun à replonger dans sa bibliothèque, redécouvrir des classiques, ou, qui sait, explorer sa Pile À Lire.


Commentaires
Quel plaisir de ce faire livrer par Amazon !

Je n’avais jamais essayé mais au final le service est de bien meilleure qualité que mon libraire.

Je resterai client Amazon à l’avenir. Fini la librairie !
Je vous trouve très perspicace ! Mais la prochaine fois, veuillez commander un Bled ou un Bescherelle. Se ou ce faire, quelle différence ?
@Alfred : ...et je vous donne rdv lorsqu'Amazon aura établi sa domination complète pas seulement sur le livre, mais sur la distribution aux particuliers en général.



Si vous voulez savoir à quoi ressemble la vie lorsqu'Amazon peut vous imposer ce qu'il veut, demandez donc à ses salariés.
On ne peut que se réjouir pour la librairie qui accueillait Alfred de ne plus l'avoir pour client. Contrairement à Alfred et à ce qui lui tient lieu de pensée, la librairie physique est un patrimoine individuel et collectif : c'est ainsi qu'il faut penser son avenir, après ce virus dont, malgré tout, on souhaite à Alfred qu'il ne l'attrape pas.
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