Corrida chez Guillaume Durand : prêt pour la mise à mort ?

Clément Solym - 26.03.2009

Edition - Société - Corrida - Guillaume - Durand


L'émission du 5 avril de Guillaume Durand, L'objet du scandale, n'a peut-être jamais aussi bien porté son nom. Dans son dernier livre, Christian Laborde, héritier d'un Sud-Ouest riche en canard et en bonnes choses, avoue tout son déplaisir à l'égard de la corrida. Corrida, Basta, que Robert Laffont publiera le 13 avril prochain devait ainsi être présenté dans l'émission du 5 avril ; une sorte d'avant-première.

« J’ai écrit ce livre avec une kalachnikov et un saxophone : la kalachnikov, c’est pour les toreros, et le saxophone pour le taureau », explique l'auteur, qui fut contacté le 23 mars, pour un enregistrement à 21 h, le 31. « Sont invités des anti-corrida comme l’historienne Elisabeth Hardouin-Fugier, et des pro-corrida comme André Viard », apprend-on.

Comme prévu, le 25 mars, l'équipe de Guillaume téléphone...

C'est que voilà : le livre pourrait émoustiller la sensibilité des pro-corridas justement invités également dans l'émission, et de deux choses l'une, soit on maintenait l'invitation de Christian et les pros ne venaient plus, auquel cas, plus d'émission - gênant, on en conviendra - soit on annulait Christian, et l'émission avait lieu - tout aussi gênant, finalement.

« On est donc obligé de ne pas vous inviter », s'entend répondre Christian.

De là, l'interrogation de l'auteur, que nous avons contacté : « L’émission de Guillaume Durand s’appelle “L’objet du scandale”. Mérite-t-elle ce nom dès lors qu’elle écarte du plateau l’objet du scandale lui-même ? La violence qui scandalise les pro-corrida est-elle dans un livre ou dans les arènes ? Une métaphore kalachnikovienne relançant le tempo d’un texte, est-elle aussi mortelle qu’une épée plantée dans la nuque d’un taureau dans les arènes de Nîmes ? »

Que de questions sans réponses... Mais osera-t-on réclamer la queue du présentateur, ses oreilles semblant plus tournées vers « le lobby taurin » ? À moins qu'il n'ait aujourd'hui les portugaises ensablées...