Cory Doctorow et la diablerie des bases de données clients

Julien Helmlinger - 29.04.2013

Edition - International - Cory Doctorow - Base de données clients - Violation de la vie privée


L'auteur de science-fiction, militant de l'ère du numérique et co-éditeur au sein de Boing-Boing, Cory Doctorow, est à peine revenu de sa tournée américaine organisée dans le cadre de la promotion de son dernier roman Homeland. Publié par Tor Teen, en février aux États-Unis et d'ici septembre au Royaume-Uni, le titre s'est déjà hissé parmi les best-sellers du NY Times et d'Indienet. Et l'écrivain de s'exprimer à nouveau sur les enjeux méconnus de la chaîne du livre dématérialisée, où il est question de gestion des bases de données clients.

 

 

 

 

Pour Cory Doctorow, si l'on a de bonnes raisons de partir en croisade contre les géants de l'e-commerce, comme Amazon, Google, Kobo ou Apple, ce ne serait pas tant en raison du prix des livres ou de la co-op, mais plutôt au sujet de la gestion des données clients. Ces informations qui indiquent qui sont les acheteurs, quelles sont leurs acquisitions et jusqu'au modèle de tablette au travers duquel ils lisent les livres.

 

Or si son dernier roman semble d'ores et déjà bien vendu sur le sol américain, l'écrivain n'est pas en mesure de répondre aux personnes qui lui demandent combien d'exemplaires les détaillants en ont écoulés. Car si les géants du Web récoltent toute une foule de données sur chacun de leurs clients, celles-ci ne sont pas partagées immédiatement avec les auteurs et éditeurs.  

 

Si pour le géant de l'e-commerce, ces données sont à portée d'un simple clic, en revanche pour l'éditeur, il lui faut attendre près de six mois qu'elles soient publiées. Et partant de ce constat, Cory Doctorow estime que le système est doublement discutable. D'une part, car il pourrait être assimilé à une violation de la vie privée des lecteurs, et d'autre part, car il ne profite nullement à ceux qui ont à charge la production littéraire.

 

Et selon lui, au final, la protection du copyright, qui passe actuellement par l'usage acharné des DRM, ne constituerait pas une juste priorité, si l'on désire assurer la bonne santé à long terme de l'industrie du livre. Il estime que de garantir que les données clients soient partagées en temps réel avec auteurs et éditeurs, ainsi que de promouvoir un procédé de transaction préservant la vie privée des consommateurs, devrait passer au premier plan. 

 

À bon entendeur...

 

Via The Bookseller