Cory Doctorow : piratez mes livres, donnez aux bibliothèques

Clément Solym - 19.05.2010

Edition - Société - doctorow - ebooks - gratuits


L'auteur de science-fiction canadien Cory Doctorow a discuté de sa vision des ebooks et de son programme de téléchargement gratuit d'ebooks.

En effet, depuis 2003 l'écrivain propose des versions ebooks de ses livres gratuites sous licence Creative Commons. Et prenant les devants sur les pirates en « piratant » lui-même ses ouvrages (un peu comme Paolo Coelho), il invite ses lecteurs à les partager avec leurs amis susceptibles de les apprécier. Il explique au Morning Media Menu que la seule condition pour les lecteurs est bien-sûr de ne pas faire de profit avec les oeuvres qu'ils auront téléchargées gratuitement.

Selon l'auteur, c'est un bon moyen pour lui de se faire connaître par plus de monde et d'avoir des fans qui lui seront fidèles et qui achèteront sûrement les versions papier. Une attitude et une pensée très proche de celle de Paolo donc. Mais là où Cory Doctorow va plus loin c'est qu'il encourage les lecteurs qui ont téléchargé gratuitement à faire des dons aux bibliothèques ou aux écoles.

Il explique au Library Journal que quelques internautes souhaitent lui faire un don après avoir téléchargé gratuitement un de ses ebooks. L'auteur a poliment refusé en proposant une autre idée, acheter la version papier et l'offrir à une bibliothèque ou une école. Cela dit, il imaginait bien qu'il ne serait pas facile pour un lecteur d'aller dans sa bibliothèque en disant « j'ai acheté un livre pour vous ».

Il a donc appelé (via son site) les bibliothécaires et les écoles à lui signaler s'ils désiraient un livre gratuit. La gestion de ce programme de don prenant pas mal de temps, l'auteur a employé un assistant qui tient à jour la liste des établissements qui souhaitent recevoir un ouvrage. Ainsi, les futurs donateurs viennent sur le site de l'auteur, repèrent un établissement, envoient le livre et le signalent à l'assistant qui remet la liste à jour.

Jusqu'à présent 350 livres ont été donnés et le bouche à oreille a tellement bien fonctionné qu'il y a même une demande d'un établissement situé au Kazakhstan. Pour autant, l'auteur précise que ces dons ne lui rapportent rien, même si ses livres sont achetés, il doit payer un employé pour gérer la liste. Ainsi, il estime que chaque livre donné doit lui coûter au final un dollar ou deux.

Crédits photo : Wikipédia