Coupler les réseaux sociaux et la résidence d'auteurs... en train

Nicolas Gary - 25.02.2014

Edition - International - résidence d'auteurs - voyages en train - écriture


Il suffit de demander, et voilà que, parfois, miraculeusement, on est écouté. En tout cas, l'entreprise ferroviaire Amtrak, spécialisée dans le transport de voyageurs sur les rails - et qui est entièrement nationalisée - a accepté de créer une résidence d'écrivains. Le tout, très simplement dans les trains. Les auteurs pourront donc parcourir la côte Pacifique sans troubles, tout en écrivant, le coeur léger. 

 

 

Amtrak Autotrain Folkston

Gene Bowker, CC BY-ND 2.0 

 

 

Si certains voyages en train finissent mal, quand on prend l'Orient Express, par exemple, les auteurs américains n'ont pas froid aux yeux : Alexander Chee a lancé l'idée et plusieurs passionnés et followers l'ont suivi. C'est dans un entretien qu'il précise combien les trains sont les endroits où il préfère écrire. « Je souhaiterais qu'Amtrak possède une résidence pour auteurs. » La société a saisi la suggestion au bond, et moins de deux mois plus tard, le projet est lancé. 

 

 

Le premier écrivain qui participa est Jessica Gross (en photo), également blogueuse, qui a parcouru le trajet de New à Chicago, en aller-retour. Le tout gratuitement, bien entendu. 

 

En guise de contrepartie, l'écrivain doit raconter son expérience sur les réseaux sociaux, et un blog spécialement mis en ligne pour faire part de son texte. Et Jessica Gross s'est amplement prêtée au jeu, évoquant son côté « claustrophile ». Et pour une personne qui adore les espaces clos et confinés, quoi de mieux que le train qui «  est cloisonné, compartimenté et confortablement réduit, comme un petit coin secret dans une bibliothèque de lycée ». 

 

Particulièrement emballée par son trajet, son histoire a suscité des vocations nouvelles, et d'autres auteurs sont partants pour prendre le train de l'écriture. Ces derniers considèrent que l'offre d'Amtrak est une sorte de refuge idéal pour se concentrer sur leur travail. D'autant plus que les wagons sont équipés de connexion WiFi - il faut donc tout à la fois résister à la tentation d'internet et de Facebook, et éviter Twitter, pour rester productif.

 

L'autre possibilité de résidence, soufflée par Alexander Chee, c'est qu'après les trains, « les bibliothèques la nuit, et particulièrement celles qui sont vides », proposent ces résidences. 

 

Dans le même temps, la société de transports ferroviaires ne s'est pas privé de communiquer largement sur ce programme. La directrice des réseaux sociaux pour Amtrak, Julian Quinn, explique que les détails complets pour l'instauration d'un programme sont toujours en réflexion, mais que l'idée ayant suscité un tel engouement, que travailler avec les écrivains est devenu une évidence.

 

Les prochains participants seront sélectionnés avec des approches différenciées, pour donner la priorité aux écrivains présents sur les réseaux sociaux. 

 

Durant son voyage, Jessica a également profité d'un sommeil réparateur, assure-t-elle, ayant voyagé dans une cabine avec couchettes. « J'ai pris le lit du haut, qui a ajouté un sentiment supplémentaire de supra-modanisme. Et il n'y a rien de mieux que de s'endormir, et de se réveiller avec le visage près de la fenêtre, regardant le paysage enneigé qui défile. »