Cours de déontologie : Pulvar rhabille Valérie Trierweiler

Clément Solym - 07.10.2012

Edition - Société - Audrey Pulvar - Aurélie Filippetti - déonotologie


Il n'aura pas fallu attendre bien longtemps pour qu'Audrey Pulvar monte au créneau et rende à César ce qui lui revenait légitimement. C'est que la ministre de la Culture, intervenue pour commenter la situation de Valérie Trierweiler, avait fait pleurer dans les chaumières. Pauvre première dame de France sans le sou, qui n'a pas le droit d'exercer son métier de journaliste, et dont la déontologie est remise en cause. Pauvre d'elle...

 

 

Avatar d'Audrey Pulvar sur Twitter

 

 

Ainsi, Aurélie Filippetti aurait peut-être mieux fait de tourner sept fois sa langue autour de la rue de Valois avant de prendre la parole pour déclarer : « À chaque fois que la question se pose entre une femme journaliste, dans un couple, entre une femme journaliste et un homme politique, c'est toujours la femme qui fait des sacrifices. Et je pense que si la question était inversée, ce ne serait pas la même chose. » (voir notre actualitté

 

Des propos qui faisaient référence à une interview de ladite Première dame. Celle-ci revendiquait de pouvoir s'assumer seule, financièrement, avec une déclaration à en faire hurler de rire les employés d'Arcelor-Mittal : « Conserver mon indépendance financière me semble également plus sain pour garder les pieds sur terre. » Et pour ce faire, elle avait envisagé de conserver son poste de journaliste, fait qui lui avait été reproché ; on invoquait alors une collusion, un conflit d'intérêt, voire un conflit de canards.

 

Or, la ministre défendant la première dame, oubliait allégrement que dans cette situation de collusion pointée, Audrey Pulvar avait eu sa dose de critiques, du fait de son union avec Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, alors qu'elle prenait la tête des Inrocks. Une patronne de journal, vivant avec un poiltique ? Scandale, doux scandale...

 

OK Corral dans la presse ?

 

Alors, certes, quand Pulvar répond, elle ne le fait pas dans une publication française, et profite des colonnes du Soir.be. Mais surtout, elle passe dans un lourd silence les commentaires de la ministre, pour ne se consacrer qu'aux questions déontologiques obsédantes. Ainsi, elle explique : « Là où je ne suis pas tout à fait d'accord avec Valérie Trierweiler, c'est qu'elle veut à la fois être dans la photo et commenter la photo. Être à la fois la première dame, aux côtés du chef de l'État dans les voyages et les dîners officiels, mais en même temps journaliste et commenter l'actualité politique. Elle veut être à la fois juge et partie. » 

 

Premier scud.

Le second n'allait pas tarder.

Moi, j'ai considéré qu'à partir du moment où j'ai compris que mon histoire avec Arnaud Montebourg allait être sérieuse, je devais cette vérité-là à mes confrères, mes collègues, mes employeurs et mes téléspectateurs. Je n'ai pas fait un communiqué AFP, mais au moment où l'on m'a posé la question de savoir si j'étais la compagne d'Arnaud Montebourg, j'ai répondu oui. Imaginez, si je n'avais rien dit.

À l'époque, j'étais à iTélé, j'interviewais des politiques tous les jours. À un moment ou à un autre, Arnaud Montebourg aurait été dans l'actualité, j'aurais dû le recevoir, qu'aurais-je fait ? Ne pas le faire parce que j'ai de l'éthique personnelle ou le faire et il y aurait eu un vrai problème. Pour moi, c'était impossible de ne pas le dire. Cela m'a desservi professionnellement, forcément. Est-ce que cela m'a servi personnellement ? À m'endurcir, à me forger le caractère.

 

No comment, comme dirait l'autre... Il est cependant intéressant de noter que depuis, sur Twitter, ladite Audrey Pulvar a contesté ces propos, affirmant qu'on avait trahi ses paroles et sa pensée. 

 

Les amateurs retrouveront l'interview telle que parue dans la version papier, à cette adresse, ou en version audio à celle-ci. Ce qui est en revanche fascinant, c'est que la directrice des Inrocks n'ait pas eu un seul mot pour Aurélie Filippetti. Elle aurait pu saluer le discernement de la ministre, sa lucidité quant à la décision de Valérie Trierweiler. Ou encore que la ministre fut prompte à défendre l'honneur de la conjointe du grand patron-président, et tout aussi prompte à oublier celui de la concubine de son collègue...

 

Dont acte, et bon dimanche...