Course contre la montre pour un libraire à Jérusalem

Clément Solym - 05.04.2011

Edition - Société - jerusalem - librairie - grossman


Une pétition riche de 1700 signatures proteste contre le départ d'un libraire. Le texte de la supplique emploie le terme de « déportation ». Parmi les signataires figurent les écrivains israéliens Amos Oz et David Grossman.

La boutique est située à Jérusalem, dans l'hôtel international American Colony. Elle est fréquentée par les fonctionnaires et les journalistes de passage, mais aussi par des écrivains renommés. Selon Conal Urquhart du Guardian, c'est la nationalité américaine de son propriétaire d'origine palestinienne Munther Fahmi qui est en cause. (via Guardian) En effet, Munther Fahmi a vécu pendant vingt ans outre-Atlantique.

Ce statut obligeait cet homme de forte personnalité à faire renouveler sa carte de visa de touriste fréquemment, pour vivre dans la ville où il naquit en 1954. Officiellement, il doit quitter Israël, et s'installer les États-Unis. Comment pourra-t-il prendre soin de sa mère malade ? Le droit du sol ne vaut-il pas pour lui ?

Munther Fahmi, qui vit peut-être ses dernières heures dans sa patrie, ressent cette mesure comme un exil forcé. Cela fait dix-sept ans qu'il réside à Jérusalem !

L'un des mérites de cet homme cultivé et polylinguiste est de proposer des livres en langue étrangère, notamment en anglais. Par son activité d'utilité commune, il tisse des liens littéraires entre l’Orient et l’Occident. Mais sa requête auprès de la Cour suprême en vue d'un droit de séjour a été vaine.

Mahmoud Darwich, le poète palestinien disparu en 2008, écrivait dans Au dernier soir sur cette terre : « Nous pourrions encore échanger quelques présents et quelques chants. » La paix implique une relecture, un dialogue, et la vérité est plurielle. La journaliste Janie Gosselin évoque la possibilité d'une intervention du ministre de l'intérieur israélien en la faveur de Munther Fahmi... (via Cyberpresse)