Covid-19 : Amazon ferme ses entrepôts pour 5 jours (MàJ)

Victor De Sepausy - 15.04.2020

Edition - Justice - Amazon Nanterre jugement - suspendre activité entrepôts - produits nécessité Amazon


La décision du tribunal de Nanterre est qualifiée d’historique par certains : réduire le volume de colis expédiés par Amazon aux produits essentiels. Autrement dit, 10 % de son fret actuel. Silencieuse au sortir du jugement, la firme vient de répondre dans un communiqué, cinglant.


 

Dans un délai de 24 heures après la décision, Amazon France se voyait en effet intimer l’ordre de « restreindre l’activité de ses entrepôts aux seules activités de réception des marchandises, de préparation et d’expédition des commandes de produits alimentaires, de produits d’hygiène et de produits médicaux, sous astreinte, d’un million d’euros par jour de retard et par infraction constatée ».

Moralité, interdiction de vendre des livres...

Même pour Amazon France, un million € reste une somme. Encore que : avec 4,5 milliards € de chiffre d’affaires réalisé en France en 2018 et un bilan annuel de 254 milliards $ sur l’année 2019, que représente 1 million € ? 

Eh bien, il n’y a pas de petites économies. 

La décision du tribunal judiciaire de Nanterre « nous laisse perplexes », assure l’entreprise en regard des « preuves concrètes qui ont été apportées sur les mesures de sécurité mises en place pour protéger nos employés ». Et de relister, par le menu, le contrôle de température, distribution de masques, distanciation sociale « renforcée ». 

Le tout ayant reçu l’approbation « d’experts de santé et de sécurité » ayant visité les sites. 
 

Si vous êtes méchants, on ferme...


Or, parmi les conséquences de ce jugement, et en évaluant les options disponibles, la firme envisage de faire appel. « Cependant, notre interprétation suggère que nous pourrions être contraints de suspendre l’activité de nos centres de distribution en France. »

Menace ou véritable analyse, il faudra attendre. À cette heure, assure Amazon, « nous continuons à opérer dans le pays et faisons tout notre possible pour maintenir le niveau de service attendu par nos clients en France ». De même pour les emplois et les entreprises qui profitent de la marketplace. 

« Cependant, sans la possibilité d’exploiter nos centres de distribution en France, nous serions contraints de restreindre un service qui est devenu essentiel pour des millions de personnes à travers le pays qui souhaitent avoir accès aux produits dont elles ont besoin chez elles pendant cette crise. »

Le message, diffusé sur la page Facebook de l’entreprise laisse songeur : le jugement condamne Amazon à ne livrer que les produits de première nécessité, comme la firme l’avait d’elle-même annoncé. Ou alors cette communication visant à montrer qu’il existait une sélection entre les produits nécessaires et le superflu n’était que de la poudre aux yeux ?

Amazon contacté par ActuaLitté après l’annonce du 25 mars sur la priorisation des commandes s’était bien gardé de donner la moindre précision sur ces fameux produits prioritaires. Pas de liste, pas de critères, pas de date précise de mise en œuvre de ces dispositions nouvelles (et un brin autocratiques) : en somme, Amazon fait ce qu’il veut, quand et comme il le souhaite. 

Quitte à raconter n’importe quoi. Et cela continue.

 

Mise à jour 16 h : 


Selon les informations de Capital, Amazon s’apprête à fermer ses entrepôts pour une durée de 5 jours. Un document interne adressé aux syndicats indiqua la volonté de se conformer à l’ordonnance.

« La Société est contrainte de suspendre toute activité de production dans l’ensemble de ses centres de distribution pour mener à bien l’évaluation des risques inhérents à l’épidémie de COVID-19 et prendre les mesures nécessaires pour assurer la santé et la sécurité de ses salariés à compter du jeudi 16 avril après la fin de poste de l’équipe du matin, au plus tard, et pour une durée initiale de 5 jours, soit jusqu’au lundi 20 avril inclus. ».

 


Commentaires
CQFD : Cette décision de justice est inique et sans fondement sinon qq appréciations sans doute abusives d'idéologues convaincus d'arrogance, de protectionnisme



Et en somme AL dit ce qu’il veut, quand et comme il le souhaite. La littérature, ce n'est pas de la morale, l'économie et les règles de droit non plus



cf post par ailleurs : le 15/04/2020 à 09:27:30
15h, comité central :

AMZ ferme 5 jours du 16 au 20 (La France seule au monde)

Pas de pertes de salaires ni congés payés forcés. Demande à l’Etat pr bénéficier du dispositif national de chômage partiel.

... Mais c'est quoi ce pays ou qq uns voudraient s'arroger un droit et/ou un privilège de vie et de mort sur tous les autres
Ce pays est à l'image de l'heure de mise à jour indiquée par AL : 16:00 ???

...

C'est un mensonge et bien postérieur à 17h00.

...

Un peu de sérieux SVP pour être crédible
J'ai lu le communiqué, je ne vois pas en quoi il est cinglant. Vous, par contre, dans le genre parti pris, vous faites fort. En plus, ils ont raison : un grand nombre de petites entreprises dépendent d'Amazon pour vivre, dont les micro-éditeurs méprisés par les libraires classiques. Mais bon, on sait déjà pour qui vous roulez.
Un article tellement à charge que c'en est insupportable !
Etant donné que la nourriture représente autour de 10 % de la consommation des ménages (en valeur), c'est normal...Par ailleurs (hors sujet), on peut imaginer que les librairies, au contraire des bibliothèques, ouvriront bien le 12 mai... Car on ne trouve que des "meilleures ventes" dans les hypermarchés, les Leclerc culture (infréquentables)soumis à la réglementation commune, bien sûr, comme les FNAC
Il faut distinguer 3 questions.





1 - Les conditions dans lesquelles travaillent les personnes qui préparent les envois (de livres ou de toute autre marchandise)



Que ce soit chez Amazon, dans les entrepôts des vrais libraires ou ailleurs, il faut que le nécessaire soit fait pour que les personnes y travaillant soient raisonnablement protégées : distance entre les personnes, fourniture de masques et de gel hydroalcoolique, etc.

Sur ce point, d'après un certain nombre de témoignages qui semblent fiables et qu'Amazon ne semble pas réussir à invalider, les conditions de travail dans les entrepôts d'Amazon ne respectent pas ces impératifs de santé élémentaires... et cruciaux : qui d'entre nous aurait envie de travailler dans de telles conditions ?





2 - La possibilité de s'approvisionner auprès des éditeurs



Elle doit exister pour toutes les entreprises, les vrais libraires, Amazon, etc. ; sinon, il y a une inadmissible distorsion de concurrence.





3 - La détermination de la nature des produits qu'il est actuellement permis de commander en ligne



Là, on entre dans un délire bureaucratique aussi grotesque qu'insupportable : qu'est-ce qu'un produit de première nécessité ? Qui est qualifié pour en juger ?

Cette idée trahit notamment une profonde méconnaissance du fonctionnement de l'économie :

- une entreprise fabriquant des produits a besoin de divers composants de nature diverse : des fonctionnaires vont-ils faire le tri entre les composants appartenant à la catégorie de première nécessité et les autres ? C'est le retour de la planification albano-soviétique des années 1950 !

- cette crise constitue un désastre économique : pour l'atténuer, il faut que le maximum d'entreprises puissent tourner... tant que la santé de leur personnel n'est pas mise en danger ; encore une fois, c'est cela le vrai problème qui relève du domaine régalien, l'État ayant la mission de veiller à la santé publique.



Pour le reste, que l'on cesse de tracasser et de fracasser les entreprises, seules créatrices de richesse... laquelle permet, entre autres, de disposer de services publics de qualité, du moins si leur gestion est bonne : et là, il y a de grandes remises en cause à demander, à commencer dans les services de santé publique qui utilisent très mal l'informatique et qui emploient une proportion excessive de personnel administratif par rapport au nombre de soignants, n'en déplaise à certains syndicats.





Bref, en la matière, il ne s'agit pas de punir pas Amazon mais de veiller à la santé des personnels et à éviter des distorsions de concurrence.

NB : je me sens d'autant plus à l'aise pour écrire cela que je refuse de passer par Amazon pour commander des livres ; il existe de nombreuses alternatives qui fonctionnent parfaitement, telles que commander chez son libraire (0 centime de frais de port) ou sur des sites de vrais libraires.
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