Covid : de meilleures conditions de prêt numérique pour les bibliothèques

Antoine Oury - 10.06.2020

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L'épidémie de Covid-19 et le confinement de la population auront eu des conséquences sur l'activité des bibliothèques, dans le monde entier. Fermées, ces dernières ont poursuivi le prêt, en s'appuyant sur les ressources numériques. Et, au Canada comme en France, une certaine solidarité s'est exprimée dans l'édition, avec une adaptation des conditions de prêt des œuvres...

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La fermeture des bibliothèques, doublée d'une interdiction de recevoir du public dans les lieux, aura mis un coup d'arrêt brutal au prêt d'ouvrages imprimés et autres supports, comme les CD ou les DVD. Très rapidement, les établissements ont donc mis l'accent sur leur offre numérique, en rendant souvent les accès à cette dernière plus simples et plus largement ouverts à tous.

Conséquence de ce plébiscite massif du numérique : un surcoût pour les établissements, qui ont vu les accès aux contenus exploser. La plupart des systèmes de prêt numérique reposent en effet sur un fonctionnement par licence : une fois cette dernière achetée, elle rend l'ouvrage disponible au prêt pour un certain nombre d'usagers, avant un renouvellement nécessaire.

En France, selon un sondage mené par le ministère de la Culture, 25 % des bibliothèques de l’échantillon envisageaient d’augmenter le budget consacré aux ressources numériques pour faire face à l’augmentation des usages observée pendant le confinement. Pour 24 % des établissements, toutefois, « aucune enveloppe budgétaire supplémentaire n’est envisageable et les bibliothèques doivent, si elles veulent renforcer leur offre, redéployer leur budget existant ».
 

Une certaine solidarité... temporaire ?


Au Canada, les bibliothécaires ont pu profiter d'une baisse des coûts des licences de prêt d'un certain nombre d'œuvres, rapporte Radio Canada. Sharon Day, responsable d'un groupe de travail consacré au numérique au sein du Conseil des bibliothèques urbaines du Canada signale une solidarité manifeste de nombreux éditeurs : « C’était une très bonne nouvelle pendant une période très sombre. »

En France également, comme le signale le réseau Carel, qui coordonne la coopération pour l'accès aux ressources numériques en bibliothèques, plusieurs initiatives d'éditeurs et de fournisseurs de contenus ont abouti sur des baisses de prix, ou des conditions plus favorables aux établissements, notamment pour les catalogues des groupes Madrigall ou Albin Michel.
 
Mais la plupart de ces conditions avantageuses vont s'interrompre dans ces prochains jours, quand ce n'est pas déjà le cas, en France comme au Canada. « On est déçu qu’il ait fallu une pandémie pour que [les maisons d’édition] changent une politique qui n’aurait jamais dû exister », ajoute Sharon Day.

Le retour progressif « à la normale », après le confinement, laisse entrevoir des négociations avec les éditeurs : certains usages acquis pendant la crise sanitaire pourraient se confirmer, obligeant les bibliothèques à revoir leurs budgets pour que l'engouement du public ne devienne pas problématique.

Photographie : illustration, CC BY SA 2.0


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