Création et Internet : Ca s'en va et ça revient !

Clément Solym - 06.01.2010

Edition - Société - Création - Internet - Ca


Dans une tribune libre publiée dans le journal Sud Ouest, Patrick Hourquebie, président d'Alice Media Store, s'exprime sur droits d'auteur. Il rappelle que ce droit est quotidiennement bafoué, parfois dans l'indifférence. Une indifférence qui peut s'expliquer par une accoutumance à la gratuité non réprimée. Non, souscrire à un fournisseur d'accès à Internet ne donne pas le droit de piller des oeuvres protégées.

Aucune sortie de crise n'est à l'ordre du jour mais Patrick Hourquebie a le mérite de mettre les pieds dans le plat. Et l'homme ne tourne pas en rond. Vontre le « négationnisme de la valeur de la création », il propose neuf mesures, dont « l’adoption d’Hadopi 3 ». Ces mesures apparaissent sur le site de Sud Ouest.

Pour éviter que l'industrie du livre ne plonge à son tour (après celle du disque et du DVD), « tous les professionnels savent que ces 15 % seulement de livres qui font gagner de l'argent aux éditeurs seront les premiers à être très bientôt piratés », Patrick Hourquebie propose entre autres que livre papier et livre numérique soient vendus au même tarif. Le développement du numérique permettrait au prix du livre papier de baisser ensuite. Pour lui, l'achat d'une version papier d'une oeuvre devrait donner l'accès à une version numérique gratuite et non l'inverse.

D'autres mesures semblent plus discutables et confuses comme celle de laisser la TVA à 19,6% sur le livre pour permettre à la police de déployer des forces supplémentaires en vue identifier et punir les infractions ! Etonnante proposition dans laquelle lecteurs et auteurs seraient lésés au profit de la traque de pirates...

Selon Patrick Hourquebie, les droits d'auteur pourraient être majorés pour les versions numériques. Les économies réalisées en frais de distribution et d'édition permettraient de réduire le prix du livre papier. Les artistes et maisons d'éditions se verraient alors mieux récompensées.

Patrick Hourquebie rappelle qu' « il faut empêcher l'avancée d'une barbarie culturelle qui précède toujours la barbarie tout court. »