Crimée chatiments : Larousse se plante, l'Ukraine réagit

Julie Torterolo - 14.10.2015

Edition - Les maisons - Atlas Russie - Crimée manuel - Ambassade Ukraine


Ce lundi 12 octobre, l’ambassade ukrainienne a demandé via un tweet que Larousse apporte une correction à l'un de ses manuels. La maison d’édition française a en effet placé la Crimée en Russie dans son Atlas 2016. Autrement dit, la région que Vladimir Poutine a annexée et un atlas qui, à sa manière, entérinerait la situation ?

 

 

 

La manœuvre n’a pas vraiment plu à l’ambassade d’Ukraine en France. Tout en faisant une capture d’écran de l’erreur contenue dans l’édition 2016 de l’Atlas socio-économique des pays du monde, l’institution a exigé une « correction ». La Crimée, placée en Russie dans la version papier, est pourtant bien située en Ukraine sur la page internet de l’Atlas. 

 

Cela n’a pas empêché l'ambassade de dénoncer « une surprise très décevante de la part de Larousse ». Un hashtag #CrimealsUkraine (la Crimée est à l’Ukraine) vient alors accompagner le tweet, faisant notamment référence à l’annexion de la Crimée [administrée par Kiev depuis 1954] par la Russie, en mars 2014. 

 

« Malgré l'astérisque stipulant que la Crimée a été "attachée" (même pas "annexée") par la Russie, cette représentation de Larousse, en effet, légitime la violation flagrante du droit international par la Russie», écrit l'Ambassadeur d'Ukraine en France, Oleh Shamshur, dans un courrier en date du 10 octobre adressé à Larousse et posté sur le compte Facebook de l'ambassade. « Ce genre de fausse information joue en faveur de la propagande russe, qui essaye de blanchir l'agression russe contre l'Ukraine ». Contacté par l'AFP, la maison d'édition a précisé ne pas souhaiter « entrer dans la polémique ».

 


 

Comme le souligne Le Point, la maison d’édition française n’est pas la seule à avoir fait l’erreur. L’ambassade d’Ukraine au Royaume-Uni a également dénoncé sur Twitter plusieurs manuels de l’université d’Oxford. « Je regrette profondément que le manuel induise en erreur les étudiants », avait écrit dans une lettre adressée à l’université anglaise, le chargé d’affaires de l’Ukraine au Royaume-Uni. « Je crois sincèrement qu’il s’agit d’une grave erreur des éditeurs, qui n’a rien à voir avec la scandaleuse campagne de propagande menée par la Russie pour justifier ses crimes ».

 


 

De quoi rappeler l’incident qu’a connu une maison d'édition américaine pour avoir assimilé les esclaves à des travailleurs dans un de ses manuels de géographie.