Crimée : des partisans pro-Russes brûlent des livres ukrainiens

Clément Solym - 17.03.2014

Edition - International - Ukraine - Crimée - autodafés


Dans l'ouest de l'Ukraine, une Crimée dont personne ne se souvient qu'elle a finalement toujours été russe, et avant cela, soviétique, des manifestants ont souhaité réchauffer l'ambiance, actuellement assez compliquée. Pour ce faire, rien de mieux qu'un feu de joie. Et s'il s'agit d'affirmer des convictions politiques, autant brûler des ouvrages écrits dans la langue des opposants. Ainsi, parmi les milliers de protestations, ce 16 mars, on a pu assister à au moins un autodafé.

 

 

 

 

 

Sous contrôle de l'armée russe depuis deux semaines, la Crimée a voté, dans un référendum, pour définir le pays auquel elle voulait se raccrocher. Sans conteste possible, c'est donc la Russie qui a recueilli toute son adhésion. Contrairement aux manifestants de Kiev, qui voudraient plutôt s'ouvrir à l'Europe et l'Occident. Dans ce contexte, Moscou a mis son grain de sel, assurant qu'il était prêt à défendre les droits des résidants de Kiev qui sont en désaccord avec les nouvelles autorités de la capitale ukrainienne.

 

Plusieurs affrontements ont été constatés sur le territoire : partisans pro-Russes et pro-Ouverture se sont retrouvés, pas nécessairement pour s'embrasser à la russe, justement. Depuis Kiev, on évoque des agents du Kremlin qui étaient à l'origine de ces violences, sans disposer de preuves pour autant. Dans le même temps, assure l'agence Reuters, on a assisté à Kharkiv, la deuxième plus grande ville d'Ukraine, à la mise en place d'un autodafé. 

 

De jeunes hommes et groupes paramilitaires se sont emparés de livres en langue ukrainienne, y compris un volume traitant de la famine artificielle mise en place par l'Union soviétique, entre 1932 et 1933. Entre 7 et 10 millions de personnes ont trouvé la mort. « Voyez-vous ce qu'ils impriment ici », interpelle un militant ? 

 

Ils furent nombreux, par la suite, à se saisir d'ouvrages pour réaliser de petits feux de joie, brûlant également des affiches, qui se trouvaient à portée de main. 

 

« C'est le XXIe siècle, et je ne pensais pas que ce genre de comportement pouvait encore avoir lieu aujourd'hui », déplore une des personnes présentes.