Crimes et continents, le polar planétaire

Clément Solym - 21.03.2011

Edition - Société - crime - romans - policier


En tant que représentants du genre le plus vendu dans le monde d'aujourd'hui (j'ai nommé le policier), nous avions sur la scène des auteurs quatre écrivains, des quatre coins du monde. Yrsa Sigurdardottir qui nous vient d'Islande (Ultime Frontière, aux éditions Anne Carrière), Matti Ronka de Russie (Frontière blanche, l'Archipel), Philippe De Sentis d'Argentine (Le cercle des douze, Metaillé) et Johan Theorin, l'auteur suédois du Sang des Pierres (Albin Michel). Leurs interpretes sont là aussi, Dieu merci.



La question du jour : pourquoi le polar ?


Yrsa veut écrire ce qu'elle aime lire (jusque là, tout le monde acquiesce). Oui mais, il y a tellement d'auteurs de policiers... « Oui, mais beaucoup de lecteurs aussi » répond-elle. Ronka a mal vécu ses quarante ans arrivants et s'est lancée dans un roman avec l'intrigue qui lui convenait. J. Theorin écrit pour donner l'ordre au chaos et cite le traumatisme lié au meurtre du premier ministre suédois à la sortie du cinéma en 2006 pour justifier son envie d'espoir dans un monde de débâcle. P. de Sentis évoque l'intêret de réunir passé (le crime) et présent (l'enquête) dans un même roman.

Les dangers de la planète polar

Il est évident que de coller sur la quatrième de couverture d'un livre l'étiquette « roman policier » c'est coder l'histoire, influencer le lecteur et surtout lui donner des soupçons, des attentes...M. Ronka évite ce schéma, il écrit un polar sans parler de meurtres. Le tour de force est réussi et ne signe qu'un seul contrat avec le lecteur : l'embarquer ou il le désire.

Il compare au théâtre : lorsque la lumière s'éteint, le spectateur croit tout ce qu'il voit. Ainsi, M. Ronka se plait à dire qu'il montre un bout de trompe et le lecteur voit l'élephant tout entier devant lui. Mais attention, un élephant, ça trompe énormément. Le polar relève de la sorcellerie. Ysra en profite pour le rappeler, l'auteur est un manipulateur.

On veut des sources...

Est-ce le réel ou les lectures qui donnent de telles histoires ? Matti Ronka nous assure que la Finlande est un pays tranquille, et que c'est justement cette quiétude de vie qui pousse à une telle cruauté dans la littérature. Ronka s'inspire cependant de faits divers comme une histoire ignorée de beaucoup (mais plus de nous) qui se passe sur les chantiers. Eh bien, si l'on remonte la chaîne des entreprises qui y travaillent, on constate un lieu de criminalité organisée...


De Sentis conseille à ceux qui veulent se lancer dans le polar de ne pas prendre la voix du plus intelligent ainsi le narrateur découvre l'univers en même temps temps que les lecteurs...

Ah bah, merci.