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Culture : Mitterrand déplore 'l'approche dogmatique' de Filippetti

Nicolas Gary - 01.07.2013

Edition - Economie - Frédéric Mitterrand - Aurélie Filippetti - Budget 2014


Avec 14 milliards € d'économies à faire, le budget 2014 présenté par le gouvernement à la commission des Finances, fait jaser. On notera bien que l'ensemble des ministères est touché, certains avec plus ou moins d'importance. Dans tous les cas, c'est bien une austérité renouvelée pour la fonction publique, et des moyens diminués de 4 % pour les opérateurs.

 

 

 

 

Pour la Culture et la Communication, ce sont 2,8 % de diminution de budget qui sont prévus, avec 2,369 milliards € de fonctionnement. Et c'est justement ce moment que choisit Frédéric Mitterrand, prédécesseur d'Aurélie Filippetti, pour intervenir dans les médias. Ainsi, il déplore la valse des présidents d'établissement, et notamment celui de Jean-François Colosimo, du Centre national du livre, qui « a été mis dehors alors qu'il a un bon bilan et qu'il était loyal envers son ministre ».

 

Le président a pourtant, depuis l'annonce de sa démission, assuré que ce départ était de son fait, et non un remerciement du ministère de la Culture. Surtout que, en l'occurrence, le président du CNL est nommé par le président de la République. 

 

« Qu'un ministre change son cabinet relève du cours normal des choses, il n'y a rien à redire à cela. Changer les grands directeurs d'administration, c'est déjà plus aléatoire. Normalement, la continuité républicaine devrait jouer », assure l'ancien ministre. 

 

Mais Frédérique Mitterrand retient qu'à l'arrivée des socialistes, la Culture a immédiatement été concernée par un plan d'économies.  

Qu'on le veuille ou non, le ministre de la Culture n'est pas le ministre de la Sécurité sociale, mais celui des artistes. Alors oui, il y a une crise économique mondiale. Mais que pèse le budget de la Culture? À peine 1 % du budget de l'État.

François Hollande voulait ré-enchanter la France, et il coupe dans les subventions. Le fond du problème, c'est qu'il ne s'intéresse pas à la Culture, ce n'est pas dans son ADN. Nous avons des technocrates dogmatiques au pouvoir.

 

Pourtant, lors du passage de flambeau entre les deux personnalités, Mitterrand se montrait plutôt amène : « C'est un jour de chance pour ce ministère, car il va y avoir à partir de maintenant une ministre dont l'empathie pour le monde de la culture est connue depuis longtemps et notamment parce que la ministre est une artiste en elle-même, un écrivain de très grand talent et de très grande qualité. »

 

Aujourd'hui, il aurait plutôt tendance àdéchanter : « Je la connaissais un peu, j'aimais ses romans, surtout le premier. Lors de la passation de pouvoir, je l'avais aidée. » En cette période, Frédéric Mitterrand inciterait plutôt à « lutter contre le défaitisme ambiant », et critique vertement l' « approche dogmatique », dont Aurélie Filippetti fait preuve.  

Aurélie Filippetti veut développer l'éducation artistique à école, alors que cela ne dépend pas d'elle, mais de son homologue à l'Éducation nationale, Vincent Peillon. Les enseignants ne veulent s'occuper des arts à l'école. Et tant qu'on n'ouvrira pas une véritable filière pour eux, cela ne marchera pas.  

 

Et de conclure : « Les socialistes n'ont tout simplement pas de vision culturelle. »

 

Le 2 juillet doit se tenir à l'Assemblée nationale le débat d'orientation des finances publiques. Pour mémoire, le budget de la Culture avait connu une baisse de 4,3 % pour l'année 2013, mettant fin à plusieurs projets initiés par le précédent ministère.