Culture : nomination d’un haut fonctionnaire en charge de la diversité

Julie Torterolo - 29.10.2015

Edition - Société - Fleur Pellerin - haut fonctionnaire en charge de la diversité - nomination


La Ministre de la Culture et de la Communication, Fleur Pellerin, a annoncé, en début de semaine, la nomination d’un haut fonctionnaire en charge de la diversité. Ce nouveau poste sera accompagné d'un Collège de la diversité. Avec cette création, la Ministre entend bien inscrire dans la politique de son ministère « l’égalité d’accès aux œuvres et aux pratiques comme l’égalité d’accès aux fonctions pour tous ». 

 

Fleur Pellerin lors de la présentation du budget 2016 - ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

La Ministre a choisi Karine Gloanec-Maurin pour accéder à ce statut d’Inspectrice générale des Affaires culturelles, haut fonctionnaire en charge de la Diversité. Diplômée en science politique, Karine Gloanec-Maurin a également commencé sa carrière en tant qu’artiste puis a été durant plusieurs années membre du conseil d’administration de l’ONDA (Office national de diffusion artistique du ministère de la Culture et de la Communication), renseigne le Ministère dans un communiqué de presse. 

 

Le Collège de la diversité, qui accompagnera la nouvelle fonctionnaire, rassemblera des responsables d’établissements comme des acteurs de terrain. Sa composition sera annoncée à la fin du mois de novembre prochain. 

 

Pour Fleur Pellerin, cette création de poste répond à un besoin de la Culture française : « La démocratisation de l’accès à toutes les pratiques culturelles et la nécessaire prise en compte de tous les acteurs, sont au cœur de mon action à la tête du ministère de la Culture et de la Communication », a-t-elle indiqué. « J’accorde la plus grande importance à inscrire dans la politique du Ministère l’égalité d’accès aux œuvres et aux pratiques comme l’égalité d’accès aux fonctions pour tous. J’ai donc décidé de nommer un haut fonctionnaire en charge de la diversité pour renforcer cette politique au sein du Ministère comme dans l’ensemble du secteur culturel et des médias », a-t-elle ajouté.

 

Un poste pour contrer une "inhibition" culturelle

 

Interrogée par Libération ce lundi 26 octobre, Fleur Pellerin a rajouté vouloir contrer une « inhibition » culturelle, existante en France. « L’Opéra, la Comédie-Française, le Louvre sont de grandes institutions. Ce sont des temples de la culture dite savante, des lieux où la culture française rayonne à travers le monde. Notre devoir est justement de faire en sorte que chacun puisse s’y sentir légitime, qu’ils ne soient plus réservés qu’à une élite », analyse-t-elle.

 

Les responsables politiques et des élites culturelles « voient bien qu’aujourd’hui, on ne peut pas continuer de mener une politique pour 10 % de la population », a-t-elle précisé. 

 

Pour la Ministre, il est important d’inclure tous les Français dans la Culture et ainsi davantage représenter la diversité notamment dans l’audiovisuelle ou le théâtre. Et, à la définition de la Culture justement, Fleur Pellerin explique son point de vue : « Il y a une culture qui doit rassembler, et non pas des cultures qui doivent nous éloigner. Celle-ci doit respecter l’histoire d’un certain nombre de Français qui sont venus ou dont les parents sont venus d’ailleurs. Il faut continuer de construire cet équilibre subtil entre la culture d’origine et la culture d’accueil. »

 

Un sujet qui fait écho aux milieux de littéraire en Europe. L’édition britannique est par exemple montrée du doigt pour un manque de diversité. Un rapport, commandé par l’agence d’auteurs Spread the Word, nous apprenait en effet, en avril dernier, que 84 % des éditeurs et 97 % des agents estiment à ce titre que l’édition dans le pays est « peu diversifiée » ou « pas diversifiée du tout ».

 

Ces derniers étaient même allés jusqu’à affirmer « ressentir une pression pour fournir “un certain type d’ouvrages”, conformes à une perception blanche de ce qui est "authentiquement" noir ou asiatique ». L'auteure Kerry Hudson, qui a récemment reçu un prix pour son roman Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman (aux éditions Philippe Rey, 2014, traduit par Françoise Lévy-Paoloni), se joignait à eux en juillet dernier. « Nous perdons des histoires, au Royaume-Uni. Nous réduisons notre culture littéraire », dénonçait-elle.