Culture : Un 'budget maintenu' qui ne rassure pas la fonction publique

Antoine Oury - 27.08.2014

Edition - Economie - ministère Culture - budget maintenu - finances publiques


Le départ d'Aurélie Filippetti du ministère de la Culture se sera déroulé sur fond de désaccord avec l'exécutif. Dans les rangs des ministres, les voix se sont élevées contre la politique économique du gouvernement et une austérité jugée trop importante. Devant le ministère, des représentants de la CGT Culture s'inquiètent de l'avenir des budgets publics.

 
 
Dès décembre 2013, la fonction publique dénonçait les budgets d'austérité de la Culture
 
 

La ministre sortante avait eu à coeur de saluer les personnels des établissements publics, des Drac, et plus généralement de « ceux qui travaillent » à la diffusion de la culture dans le pays. Les militants CGT estiment que la « ministre avait une sensibilité pour la carrière des personnels », auprès des agents du ministère de la Culture.

 

Au niveau de l'ensemble du service public, le constat de la CGT Culture est bien moins heureux, après « cinq années de sarkozisme et deux de hollandisme qui n'ont fait qu'aggraver la situation ». L'accord signé récemment avec les organisations syndicales de l'INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives), mentionné par Filippetti, n'a pas masqué les concertations autour du régime chômage des intermittents et du régime retraite des auteurs.

 

Mais même l'accord guère ne convainc les syndicats : « L'archéologie est dans un état catastrophique, l'accord est correct pour les quelques CDI qui vont être créés, mais le véritable problème réside dans la précarisation du service public. » À ce titre, le sort réservé aux Drac inquiète particulièrement les personnels au sein d'une politique de décentralisation, d'autant plus que le budget « n'a jamais été sanctuarisé ». Au cours de sa campagne, le candidat Hollande avait assuré qu'il tiendrait cet engagement, « lui président ».

 

Aurélie Filippetti a affirmé, dans un discours notamment adressé à Fleur Pellerin, qui lui succède, que « le budget du ministère de la Culture serait maintenu pour les trois prochaines années ».  Las, après une hausse de 0,9 % d'un budget largement réduit en 2012, les budgets des années suivantes avaient chacun affiché une baisse de 2 % des fonds. « Pour vérifier cette promesse, nous attendrons que le budget 2015 soit voté, parce qu'il y a déjà au minimum 400 millions € en moins au Ministère de la Culture », explique Valérie Renault, secrétaire générale de la CGT Culture.

 
De mauvais signes en provenance de Hollande et Valls
 

Par ailleurs, le « pacte de responsabilité », signé par le gouvernement, est dénoncé dans le tract du syndicat comme le symbole d'une politique « qui préfère les cadeaux au MEDEF [...] à la relance réelle de l'économie, au redressement de l'industrie, à la création d'emplois, et au respect des engagements pris devant les électeurs ». Valérie Renault cite, dans le domaine de l'archéologie, les crédits impôts recherche, dont la traçabilité dans les comptes des entreprises privées du secteur n'est pas optimale, d'après le syndicat.

 

Du côté des investissements de l'État, le seul collectif budgétaire 2014, ou Projet de loi de finances rectificative, présenté en juin dernier, n'avait pas fait parvenir un bon signal de la part de Manuel Valls, avec un budget de la Culture amputé d'environ 70  millions € de crédits de paiement pour l'année. Au total, les dépenses de l'État étaient réduites de 3,3 milliards €.

 

Par ailleurs, le prochain budget triennal 2015-2017, qui anticipe les directions prises par le budget 2015, annonce de nouvelles baisses de mesures sectorielles, après un rabot de 50 % en 2013. Des mesures qui concernent justement les carrières des fonctionnaires, ainsi que leurs salaires. Le budget 2015, lui, sera débattu en conseil des ministres le 24 septembre prochain.

 

Le syndicat CGT sollicitera dès que possible la nouvelle ministre, Fleur Pellerin, sur les engagements de sa prédécesseure pour l'amélioration des carrières des personnels. Il demande notamment l'ouverture des concours, pour multiplier le nombre de fonctionnaires. Les montants des budgets actuels sont par ailleurs jugés insuffisants pour les ouvertures 7 jours sur 7 des musées, ou encore une extension des horaires de bibliothèques, évoquée par Aurélie Filippetti au début de l'année.