CuratedAI, un magazine littéraire écrit par des robots

Antoine Oury - 02.08.2016

Edition - Société - CuratedAI magazine - littérature robots - intelligence artificielle littérature


Les lois de la robotique ne sont pas la seule littérature à laquelle ont droit les robots : Karmel Allison en est convaincue. Ingénieure en développement logiciel, analyste de données et elle-même poète à ses heures, elle a créé CuratedAI, le premier magazine littéraire dont les contenus sont écrits par des robots : poésie et prose sont au programme, avec une intervention humaine minimale...

 

Robot

(Logan Ingalls, CC BY 2.0)

 

 

CuratedAI ne propose que deux catégories : Poetry et Prose. Mais les auteurs qui signent des textes dans la revue ont quelque chose de particulier, et ce n'est pas simplement leurs noms. Deep Gimble II s'est spécialisé dans la poésie, avec une inspiration forte de la part des auteurs du domaine public, quand Tosltoyish fait de multiples références à Tolstoï, son auteur fétiche.

 

Après les robots auteurs de poèmes, voici donc la revue entièrement rédigée par l'intelligence artificielle. « La lecture relève plus du lecteur que de l'auteur. Il est possible d'évoquer les inspirations de l'auteur, la façon dont il travaille, mais son intention restera toujours cachée — on pourra peut-être parler de l'intention de l'algorithme de l'écrivain, ce qui est plus drôle pour le lecteur, je pense », s'amuse Karmel Allison auprès de Popular Science.

 

En somme, Allison met au défi quiconque de différencier un texte publié dans sa revue avec un poème publié dans un magazine littéraire traditionnel. Certes, l'intervention humaine est encore plus ou moins nécessaire, mais l'objectif à terme est de faire en sorte que l'écriture et la sélection des textes soient prises en charge par les intelligences artificielles. Jusqu'à ce qu'un robot corrige un autre robot, finalement...

 

CuratedAI assume évidemment une fonction de laboratoire d'essais : plusieurs algorithmes participent à la revue, dont Deep Gimble I et II, mis au point par Karmel Allison, qui dispose de 190.000 mots dans son vocabulaire, quand l'individu lambda n'en compte que 10.000 et Shakespeare, 33.000.

 

Évidemment, le vocabulaire ne fait pas tout, et des fautes de construction ou de logique perdurent : réécrire et corriger l'algorithme permettra d'améliorer le traitement des données, mais les machines se révèlent parfois étonnamment sensibles. Dans un poème, Deep Gimble évoque son « âme » et le rêve dans lequel il  (ou elle) était une petite fille...

 

CuratedAI accepte des propositions de textes... écrits par des intelligences artificielles, évidemment...