D'après Emmanuel Macron, l'imprimerie est un secteur “d'avenir”

Antoine Oury - 22.03.2016

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Le ministre de l'Économie et des Finances Emmanuel Macron était de passage hier dans le Calvados pour la visite de l'imprimeur Corlet, qui se présente comme la quatrième entreprise du secteur en France, rapporte l'AFP. Sa venue a été l'occasion, pour le ministre, d'affirmer sa confiance dans l'imprimerie française, qui « reste un métier d'avenir » selon lui.

 

Matrice originales du Romain de l'Université de Jean Jannon

(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Emmanuel Macron s'est voulu rassurant : « Le livre reste un objet qui marche bien, qui est en constante croissance. Donc je crois que l'imprimerie reste un métier d'avenir », a-t-il souligné lors de sa visite des imprimeries Corlet à Condé-en-Normandie (ex Condé-sur-Noireau), dans le Calvados. Effectivement, les derniers chiffres du secteur de l’édition sont encourageants, mais l’imprimerie reste en difficulté face à la concurrence d’autres pays européens ou de la Chine.

 

L’irruption du livre numérique avait pu inquiéter le secteur, mais son développement, quelque peu ralenti, n’est sûrement pas la première menace qui pèse sur les imprimeurs. Selon le ministre Macron, la survie des acteurs « passe par l’innovation, la production rapide de formats extrêmement ciblés au plus près du terrain ». On ne saurait lui donner tort : le développement de l’impression numérique peut aider, tout comme celle de solutions innovantes comme l’impression à la demande, expérimentée jusque dans le VIe arrondissement, dans la nouvelle librairie PUF.

 

Autre atout des imprimeurs de l’Hexagone : si les coûts sont parfois plus élevés, le service est bien plus rapide, étant donnée la distance réduite. « Avec la concurrence ça se joue parfois à une journée. Or par rapport à l’Espagne par exemple, je suis plus vite arrivé à Paris » a ainsi confirmé le PDG Jean-Luc Corlet auprès de l’AFP.

 

« [N]ous avons tout intérêt à l’imprimer en France, afin de disposer de temps de réaction qui permettent de réaliser un nouveau tirage de 50.000 exemplaires rapidement » en cas d’épuisement des stocks, nous confiait d’ailleurs Vincent Montagne, président du Syndicat National de l’Édition, en mars 2015.

 

Le PDG de l’imprimerie Corlet a profité de la visite du ministre pour lui présenter l’application développée par la société, permettant d’accéder à des contenus multimédias. Un « papier connecté » qui s’inscrit parfaitement dans les recommandations du ministre. 

 

La PME emploie 405 personnes sur 10 sites dans quatre départements, rapporte l’AFP, un effectif stable, même si en légère baisse sur 10 ans (Corlet employait alors environ 500 personnes), mais sans licenciement, selon la direction. Le chiffre d’affaires s’est établi à 50 millions € lors du dernier exercice. La part du livre dans ce CA a baissé, de 40 % contre 50 % il y a quelques années. Selon Pascal Bazin, le directeur financier du groupe, cette légère baisse est surtout due à la diversification des activités de l’imprimeur. « [E]n valeur absolue, le livre résiste. Nous misons sur une hausse de 2 % de notre CA dans le livre », a-t-il précisé.

 

En fin d’année dernière, la direction générale des entreprises avait publié une étude sur l’avenir de la filière livre, disponible ci-dessous.