Danemark : l'armée veut museler un livre, Politiken le publie

Clément Solym - 17.09.2009

Edition - Justice - Danemark - armée - museler


La sécurité nationale a beau avoir été invoquée pour empêcher la publication du livre d'un ancien soldat des forces spéciales de l'armée, le quotidien de Copenhagen, Politiken, a fait imprimer le livre de Thomas Rathsack dans une édition spéciale. Ce geste, attestant que la presse est libre de toute tentative d'ingérence de la part des militaires, revendique également la liberté d'expression de la presse. On ignore pour le moment si l'auteur Rathsack avait donné son consentement.

L'armée danoise avait réclamé une ordonnance du tribunal interdisant que l'ouvrage ne soit publié, sous prétexte qu'il contient des informations menaçant la sécurité nationale. Prévu pour une sortie le 24 septembre, l'auteur y décrit les opérations effectuées par son unité en Afghanistan et en Irak. Si d'autres journaux ont publié des extraits et bonnes feuilles, Politiken a été le seul à imprimer en totalité l'ouvrage Jæger - i krig med eliten.

Une simple recherche à partir de ce titre donnera un résultat pour le moins étonnant...

« Nous avons parlé du livre durant des jours, mais maintenant, nous avons quelques questions de principe à venir dans cette histoire, mettant en cause la liberté d'information et celle d'expression », explique le rédacteur en chef, Toeger Seidenfaden à l'AP. Même le premier ministre Lars Loekke Rasmussen a critiqué la décision du quotidien, estimant qu'il aurait au moins du attendre la décision du tribunal. La réalité mise en avant par l'armée est que la sécurité des personnes envoyées dans des points chauds du monde doit être « prise en considération ». Et donc, publier cet ouvrage menace directement leur sécurité.


Le Jaegerkorps, un corps d'élite danois, spécialement entraîné pour des opérations effectuées derrière les lignes de l'ennemi, est au centre du témoignage. Néanmoins, il ne cite ni les noms des soldats ni les lieux précis des interventions. En outre, l'armée, malgré sa brève déclaration, ne précise nullement en quoi le livre menace la sécurité nationale.