Dans cette librairie, smartphones et tablettes sont interdits, IN-TER-DITS !

Clément Solym - 01.03.2016

Edition - Librairies - librairie Londres - smartphones tablettes - interdiction usages clients


L’établissement fait fureur depuis son ouverture : en plein Londres, dans la capitale connectée et fashion, cette librairie a trouvé une place de rêve. Ici, pas de comptoir pour le café, pas de connexion WiFi. Tout est fait pour repousser le hipster en mal de réseaux sociaux, au point que les téléphones portables autant que les tablettes sont prohibés. Rohan Silva, le confondateur, a ouvert une librairie, et le monde entier s’en émerveille.
 

 

 

« Nous croyons à la valeur des livres et de la littérature, mais, aujourd’hui, bien des choses sont tuées par le numérique. Or, l’une des plus grandes joies est d’acheter un livre papier, et les librairies sont encore le meilleur endroit pour trouver de nouvelles idées », explique cet indépendant. Intégriste, donc, mais pour la bonne cause : l’unique ordinateur toléré dans ces murs est celui qui lui sert à l’inventaire et la comptabilité. Le vice n’a pas été poussé jusqu’à refuser les cartes bleues, toutefois.

 

Rohan est un peu l’inverse de Sting : c’est un Américain à Londres. Son projet, avec ses associés, était de fonder Libreria, un lieu qui réinvente la librairie, mettant en avant la littérature, les livres, l’objet, loin des algorithmes et des écrans. « Nous avons atteint un point de bascule culturel, je crois, où les gens prennent conscience de ce que leur coûte l’ultra-connexion », ajoute Rohan Silva. 

 

Évidemment, l’endroit est somptueux, mais pas débordant de luxe. Ce sont d’immenses étagères, sur toute la longueur, avec un miroir au plafond pour donner un sentiment de vertige supérieur. L’endroit a été réalisé par le studio espagnol SelgasCano, et depuis Libreria a pris place au 65 Hanbury Street, dans l’est de Londres. Et qu’est-ce qui a servi d’inspiration aux architectes ? Simple : le meilleur. José Selgas et Lucía Cano se sont inspirés de Jorge Luis Borges, et de sa Bibliothèque de Babel, pour donner tout ce cachet et cette profondeur. 

 

Au point que non seulement les bibliophages londoniens se précipitent, mais qu’ils sont aussi rejoints par les férus de design. Et les plus curieux se pencheront alors sur l’installation et le placement des livres. Les étagères, permettent aux catégories d’ouvrages de se retrouver superposées, avec un livre de poésie juste au-dessous d’un ouvrage sur la psychologie évolutionniste. Fameux !

 

Sam Aldenton, cofondateur, croit en ces vertus du découpage de l’espace, pour favoriser « les rencontres fortuites. Les niches ont été découpées au sein des étagères, pour faciliter la plongée dans un livre. » Si les étagères sont faites avec du contreplaqué, il est clair que personne n’a regardé à la dépense pour faire de ce lieu un espace spécifique. 

 

Et bien sûr, partout sur les murs, des affiches pour signaler que les appareils électroniques sont interdits. 

 

Sally Davies, autre fondatrice, souligne que les clients apprécient ces découvertes aléatoires. « Les gens ont soif d’expériences qui sont tangibles, humaines, immersives. Nous réunissons la plus large possible sélection de personnes, d’idées, d’arts, d’artisanats et de disciplines », se félicite-t-elle. 

 

Après, il y a des choses qui méritent de ne pas être dites : Rohan Silva est certes un jeune entrepreneur, mais il fut également le conseiller de George Osborne, homme politique britannique du parti conservateur. Il fut également chancelier de l’Échiquier, nommé en mai 2010 par James Cameron. 




 

Et comme s’il en fallait moins pour croire au hasard, l’établissement est installé en face des locaux de Second Home, un espace de coworking pour entrepreneurs. « L’un des plaisirs dans l’achat de livres physiques, c’est d’avoir une expérience intacte, préservée de la recommandation algorithmique. Partir à la rencontre est un truc qui fonctionne, comme vous n’avez pas idée. Quand elles sont bien organisées, les librairies sont les meilleurs endroits pour trouver de nouvelles idées », conclut Rohan.

 

(via Guardian, Dezeen)