Dans l'administration, l'écriture inclusive nuit “à la lisibilité des textes”

Antoine Oury - 09.06.2020

Edition - Société - ecriture inclusive - administration ecriture inclusive - feminisation metiers


Par une circulaire diffusée en novembre 2017, le Premier ministre Édouard Philippe avait clairement signifié qu'il ne voulait pas entendre parler de l'écriture inclusive dans l'administration, et en particulier au sein des textes publiés au Journal officiel. Répondant à une question parlementaire, le ministère de la Culture enfonce le clou : « les formes dites “inclusives” nuisent à la lisibilité des textes et complexifient l'écriture ».

Révisions


Dans sa circulaire publiée le 22 novembre 2017, le Premier ministre Édouard Philippe avait participé au débat très houleux sur l'utilisation de l'écriture inclusive. « Je vous invite, en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive », soulignait alors le chef de l'État.

La raison ? « Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l’État doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme. » Et l'Académie française de se réjouir d'un arrêt brutal donné à l'utilisation de ce qu'elle considérait alors comme un « danger mortel ».

Dans les faits, le Premier ministre n'était pas fermé à une féminisation des fonctions, mais s'opposait à l'écriture inclusive, qui consiste en l'utilisation d'un point ou d'un point médian pour faire apparaitre tous les accords d'un nom.

Dans une question adressée au ministère de la Culture, la députée Laurence Trastour-Isnart (Les Républicains - Alpes-Maritimes) signalait toutefois des administrations récalcitrantes, notamment « des universités [qui] utilisent cette écriture dite inclusive qui désunit et enlaidit la langue française », et réclamait des sanctions à l'encontre des personnels qui y avaient recours.
 
Si le ministère de la Culture ne cède pas au tout-répressif, il affirme dans sa réponse, convoquant la délégation générale à la langue française et aux langues de France, « que ces formes dites “inclusives” n'ayant pas de parallélisme strict avec l'oral conduisent à éloigner la langue écrite de la langue parlée, nuisent à la lisibilité des textes et complexifient l'écriture, en décalage avec la tendance à la simplification et à la clarté de la langue administrative engagée depuis de longues années ».

« Ces formes », poursuit la rue de Valois, « dans leur écriture et dans leur prononciation, sont peu accessibles à tous, alors même que la maîtrise d'une langue commune demeure un enjeu majeur de cohésion sociale ».

Photographie : livrearbitre, CC BY-NC 2.0


Commentaires
Je viens de lire tout un article belge en écriture inclusive.

Je suis désolé de contrarier Nicolas Gary, qui a exprimé naguère son soutien à l'écriture inclusive- cela en toute cordialité et amitié ! -mais vraiment le texte intéressant lu par moi n'est pas mis en valeur: il est abîmé,violenté par tous ces très nombreux points médians intrusifs et envahissants.

La lecture en devient fastidieuse et irritante.

Or le fond en vaut la peine...

Tant pis pour celles ou ceux qui me prendront pour un misogyne alors que rien n'est plus faux.

Vraiment je ne suis pas convaincu alors que la féminisation des noms -que l'Académie française finit par accepter -est elle tout à fait légitime et utile.

On peut parfaitement vouloir l'égalité des sexes et respecter le sexe d'en face sans une obligation d'écriture inclusive.

Les arguments repris par Antoine Oury (qui reste neutre dans son exposé) me paraissent pleinement recevables.

Un des plus évidents: cette écriture inclusive concerne l'écrit et non l'oral...contrairement à la féminisation des noms !

Et certains petits malins en font une juteuse affaire commerciale: l'agence Mots-Clés de Mr.Haddad qui donne des cours d'écriture inclusive dans des entreprises...

Pour cela on trouve de l'argent ?

Y compris en cette période ?

Pensons à une catégorie oubliée: les dyslexiques (terme épicène) !

Pour les jeunes élèves (épicène) victimes de ce problème, l'apprentissage du français déjà très difficile devient un chemin de croix.

On n'a pas à accepter des victimes collatérales,pas d'accord.

C'est même insupportable.

Et le féminin des noms ?

Un.e boulanger.e mais: une boulangère !

Bravo pour l'apprentissage des accents aigus et graves !

Absents en écriture inclusive mais présents au féminin seul (voir l'exemple ci-dessus)...

Je me doute que ce sujet est inutilement explosif mais j'espère que le bois vert qui risque de tomber sur moi n'émanera pas de gens pensant me connaître via une prise de position (ce qui arrive tout le temps sur le web).

Qu'on évitera une hystérisation et une agressivité trop prégnantes et dont je n'ai pas envie.

On verra bien !

CHRISTIAN NAUWELAERS
Tout à fait d'accord, l'utilisation de l'écriture inclusive rend la lecture plus complexe, et le texte "illisible", on s'y perd... Je suis pour la féminisation des mots... mais pas la peine de tout compliquer ! N'oublions pas qu'il y a des personnes qui ont déjà du mal à lire, et à écrire ne leur rendons pas la vie plus difficile. Perso, si je devais lire des romans sous ce "format" je ne le ferais plus et me contenterais des livres écris avant...
Monsieur Nauwelaers,

Comme je ne l’aurais pas aussi bien dit je m’abstiens d’en rajouter mais je confirme être pleinement en accord avec cette vision des choses parfaitement exprimee
Merci Mimiche,un chroniqueur de ce site qui plus est !

Bon prenons nos boucliers, l'offensive va commencer...

Bon il faut en rire !

Bonne continuation et merci encore !

CHRISTIAN NAUWELAERS
Pleinement d'accord avec ces remarques. De plus cette écriture inclusive deviens exclusive dans la mesure où l'on exclu toute une catégorie de gens notamment les personnes nouvellement francophones qui ont fait l'effort de l'apprentissage de la langue, des règles de grammaire et de conjugaisons et qui se retrouvent avec cette sorte de "novlangue" parfaitement illisible et imprononçable. Sans parler de nos amis espagnol qui ne comprennent pas pourquoi nous faisons allusion sans cesse à des sites internets inexistants (.es) !
L'écriture dite inclusive est une aberration,un tricotage, pire une torture de notre belle langue...Elle ne simplifie rien, bien au contraire, et lorsque l'on voit comme les textes écrits "normaux" sont (in ou mal) compris, on ne se pose plus de questions,force est de constater qu'on est en pleine décadence.
Bonjour,



je suis une femme et je rejoins tout à fait les arguments et opinions ci-dessus.



Je vais même plus loin : à bas l'écriture inclusive, qui est très exclusive au contraire car elle va faire beaucoup de dégâts et pas seulement chez les personnes dyslexiques.



Toute lecture devient laborieuse. Plus possible de faire de la lecture rapide, on es obligé de revenir à du déchiffrage syllabique...

C'est une aberration grammatical : en français, le masculin a valeur de masculin ET de neutre ; c'est ainsi.



Et accessoirement, merci pour vos billets et votre veille wink
L'écriture inclusive est une solution qui complique trop la lecture et l'écriture. Il faut faire un exercice supplémentaire de gymnastique cérébrale, à laquelle nous ne sommes pas habitués-ées. Je pense plutôt qu'il faudrait s'inspirer des anglais qui ont créés des pronoms neutres (them, they) ni masculins, ni féminins mais qui englobe les deux (et je rapelle que les pronoms masculins ne sont pas neutres "Il faut dire...", "Il était 15h", "Ils" quand on parle d'un groupe comportant des femmes et des hommes).

La raison de l'écriture inclusive était de luter contre l'invisibilité des genres différents de l'homme dans la langue Française, pour se débarrasser de cette écriture, il faudra proposer une solution plus simple mais qui fasse avancer la résolution du problème.
J'aime pas l'inclusive lecture: je la trouve chiante et surtout très laide. Elle dépeigne les mots, fait radoter les expressions et prétend nous inculquer comme une bizarre culture de culpabilité parce que nous pourrions offenser certaines personnes non incluses dans des énumérations que nous n'avons aucune intention de produire, ni par le son ni par le signe. Elle fatigue, elle n'ajoute rien, elle est lèche-cul. Je suis contre. Elle n'enrichit rien, elle fait grouiller des lettres pour rien sur le papier et l'écran. Ecrite, elle insulte l'esthétique. Verbale, elle serait ridicule et d'ailleurs ne se pratique pas. De ce fait, elle pourrait même dégoûter d'écrire.

Je refuse de l'employer parce qu'elle me rend bête.
Et que risquent les administrations - disons-le clairement les universités - qui fraudent ? Après tout, elles sont payées avec nos impôts et violent ouvertement une directive du chef de l'État en personne. Pourquoi les recteurs d'université ne sont-ils pas tout simplement mis à la porte ? Ces gens seraient au-dessus des lois ?
Je trouve dommage que tout le monde paraisse considérer "l'écriture inclusive" comme un système unique et monolithique. Il s'agit en réalité d'une série de suggestions et de pistes possibles, qu'il n'est nullement obligatoire d'appliquer toutes à la fois systématiquement. Sinon, c'est sûr que le résultat devient vite indigeste ! Des tournures comme la mention ramassée des terminaisons masculines et féminines (exemple : "tou.te.s") est pratique quand elle est employée de manière ponctuelle, mais devient vite inconfortable à l'échelle de tout un texte. Ce qui n'empêche pas d'essayer d'autres tournures ou procédés. Ne nous écharpons pas sur les détails et ne tombons pas dans des fanatismes minuscules : l'important est de ne plus invisibiliser les femmes, une cause, à mon sens, assez consensuelle.
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