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Dans la bibliothèque d'Édouard Philippe : les auteurs favoris du premier ministre

Bouder Robin - 05.07.2017

Edition - Société - livre édouard philippe - édouard philippe lecture - des hommes qui lisent


On savait notre Premier ministre grand amateur de littérature et même écrivain, mais quid de ses sources d'inspiration ? Le moment est venu de tout dévoiler : dans son essai Des hommes qui lisent à paraître ce 5 juillet, Édouard Philippe se met à nu et raconte les lectures qui ont marqué sa vie. Et celles-ci sont pour le moins hétéroclites.


Édouard Philippe (UMP, CC BY-NC-ND 2.0)

 

C'est à l'âge de 6 ans que tout commence pour l'ancien maire du Havre, alors que son père, professeur de français à qui il dédie son essai, lui demande de lire la première page de L'Enfer de Dante. « Il va sans dire que j'ai ânonné sans comprendre les vers de Dante », raconte Édouard Philippe dans son essai. Et de manière générale, son amour de la lecture ne viendra que bien plus tard : « J'ai lu bien des livres avant de me rendre compte que j'aimais lire », et le premier roman qui le marquera véritablement est le classique jeunesse Va dire à Sparte, de Roderick Milton.

 

Depuis, sa bibliothèque se remplit et ne désemplit jamais : « Il n'en manque quasiment aucun, car jamais je ne les prête ni ne les jette. » Tout y passe pour l'homme de Matignon : Desproges, Hugo, Mandela ou encore Aron se partagent le cœur de ce véritable accro. Le Premier ministre rappelle d'ailleurs qu'une de ses premières annonces en tant que maire du Havre, en 2010, « a été consacrée à la nécessité de lancer une politique ambitieuse de la lecture ».

 

Et si preuve il fallait que la lecture forge les goûts et la mentalité, sachez que c'est elle qui est à l'origine des opinions de droite du Premier ministre, lui qui dans sa jeunesse était de gauche. Lyautey et Charles de Foucauld sont autant d'auteurs qui ont redéfini sa façon de penser « l'idée coloniale », tandis que le général putschiste Hélie Denoix de Saint-Marc l'a bouleversé « par [s]a logique imparable et [son] sens de l'honneur ».

 

Et ses auteurs préférés alors ? Alexandre Dumas d'un côté – le Premier ministre s'est d'ailleurs donné comme tradition de relire son œuvre une fois tous les 10 ans – et Céline de l'autre, malgré des débuts houleux. Voyage au bout de la nuit, lui avait été conseillé là encore par son père, qui « aimait les livres interdits dérangeants, incorrects » lui a pris longtemps. Et pourtant : « Oui, il faut lire Céline, et tout Céline, pour sa part de génie et sa part d'ombre », comme il le déclare aujourd'hui.

 

Édouard Philippe : “Nous voulons rester, redevenir peut-être, une nation de lecteurs”
 

Des choix de lecture hétéroclites au possible ; logique, puisque le Premier ministre s'est toujours refusé de s'enfermer dans un seul genre : « des romans, des essais, des manuels, des bandes dessinées, le tout mélangé, mûri et oublié, redécouvert et discuté » se côtoient dans sa bibliothèque. Il invite par ailleurs ses lecteurs à faire de même et à « sortir de leur zone de confort littéraire ».

 

De manière générale, Édouard Philippe se sert de son essai pour pousser le lecteur dans ses retranchements et le faire se poser des questions sur sa capacité à lire avec intelligence. Car pour lui, c'est bien la lecture qui régit nos décisions et notre vie : « La part que prennent les livres lus dans les choix que l'on fait est souvent un mystère, mais elle est décisive. » Et d'insister hier devant l'Assemblé nationale que « lire rend libre ».
 

Déjà auteur de deux romans policiers, Édouard Philippe livre ici son premier essai et son œuvre la plus personnelle, à laquelle il aura consacrée 6 ans. Des hommes qui lisent est publié ce 5 juillet chez Lattès.

 

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Via L'Obs