Dans la bibliothèque d'Oussama Ben Laden

Clément Solym - 21.05.2015

Edition - International - Oussama Ben Laden - bibliothèque terrorisme


Le renseignement américain vient de déclassifier une partie des documents concernant Oussama Ben Laden. Ces archives furent récupérées lors du raid qui a conduit à la mort du leader des talibans. Or, on retrouve dans l'ensemble des éléments saisis une série d'ouvrages portant sur des questions économiques, stratégiques – la moitié d'entre eux brodent sur diverses théories conspirationnistes.

 

 

 

 

La direction du renseignement national a finalement dévoilé les documents que les Navy SEALS ont récupérés. Une liste de 39 ouvrages a été établie, après examen du disque dur de l'ordinateur, mais également de clés USB. Oussama Ben Laden lisait plus volontiers sur ordinateur que des livres imprimés, certainement par nécessité. 

 

On y retrouve donc des livres sur les tactiques militaires, aux côtés de vulgarisation sur les Illuminati, francs-maçons, etc., et des théories du complot, plus contradictoires les unes que les autres. Bien entendu, des livres sur la destruction de la société occidentale et son effondrement reflètent largement la dimension paranoïaque, et les thématiques favorites.

 

Des auditions au Congrès américain évoquent également les programmes de contrôle mental que la CIA aurait mené dans les années 50 et 60, à travers le projet MKUltra. Bref, de quoi faire de Ben Laden le porte-parole passionné d'un monde de conspiration et de crainte. 

 

Mais on tombe également sur Noam Chomsky ou encore l'activiste pacifiste Michael Scheuer. La liste comprend également différents documents concernant la France avec des informations sur l'économie et la défense. 

 

Ainsi, 19 documents (rapports, études et analyses) laissent croire, selon les spécialistes, qu'une attaque contre le pays comptait parmi les projets du leader taliban. Les sujets évoqués concernent tant le nucléaire, que l'eau ou encore le positionnement du pays au sein de l'Europe.

 

Nombre de ces ouvrages étaient au format PDF, numérisés en page à page, ou scannés depuis des bibliothèques diverses. Pour l'heure, l'ensemble des documents n'est pas révélé au public, et une seconde partie fait toujours l'objet d'analyse de la part des services de renseignements. S'il s'avère qu'ils ne prêtent pas à conséquence dans les manœuvres de lutte contre Al-Qaïda et les organisations proches, ils seront alors déclassifiés.