Dans la comptabilité et les revenus de Scott Fitzgerald

Clément Solym - 30.04.2013

Edition - Economie - Scott Fitzgerald - livres de comptes - finances


Pas vraiment banal que de se retrouver devant les livres de compte d'un auteur - et moins banal encore de les voir aussi bien tenus ? F. Scott Fitzgerald, l'auteur de Gatsby le magnifique, qui s'approche des salles de cinéma, a été mis à nu comme jamais. 200 pages de comptes et d'événements clés de sa vie ont été numérisés, et mis en ligne, pour les amateurs et les universitaires. 

 

 

 

 

Tous les revenus liés à ses publications, et différents autres documents comptables ont été diffusés sur un site spécial, par l'Université de Caroline du Sud. On y découvre notamment que The Great Gatsby avait rapporté à son auteur 2000 $ au moment de sa parution, en 1925. Une somme qui est passée à 16.666 $ lorsque les droits cinématographiques furent cédés, l'année suivante.

 

La présence de ces documents sur la toile n'est pas anodine : elle coïncide avec la dernière adaptation sur grand écran, réalisée par Baz Luhrmann, et mettant en scène Leonardo DiCaprio et Carey Mulligan. La première présentation se fera en mai prochain, à l'occasion du Festival de Cannes.

 

Pour Park Bucker, enseignant à l'université, cet ouvrage de comptes « est peut-être un artefact unique d'entre tous les auteurs américains », explique-t-il à l'Associated Press. « Ce sera une chose étonnante pour les étudiants que de se pencher et puiser dans cette ressource. Il a créé sa propre base de données. Nous le faisons sur des ordinateurs aujourd'hui, mais il l'a fait par lui-même. »  

 

C'est-à-dire, en somme, que Fitzgerald a simplement fait ses comptes...

 

Le livre débute en 1919, et couvre la période jusqu'à 1938 - deux années avant le décès de l'auteur. On y retrouve cinq sections, présentant ses différentes sources de revenus : l'argent venu de la fiction, de ses travaux d'écriture, différentes parutions, les émoluments de Zelda, sa femme, et un compte annuel.

 

Une partie autobiographique raconte qu'en 1900 - il a alors 4 ans - il célébra le siècle nouveau « en avalant un sou et en attrapant la rougeole. Il se débarrassa des deux ». Il évoque aussi des années difficiles, notamment en 1923, « pleines de terribles échecs et de grandes misères ». Neuf années plus tard, il se décrit comme « de plus en plus malheureux », parlant d'une année « de travail et de boissons ».

 

Reste que les universitaires savent que les dépenses de Fitzgerald n'étaient pas vraiment très calculées, ni raisonnées. « Et son arithmétique n'était pas vraiment meilleure. » C'est probablement pour cela que certains comptes surprennent - même s'ils semblent particulièrement scrupuleux. Mais ce regard sur l'auteur n'en est pas moins fascinant. Un coup d'oeil sur les finances et son activité, qui offre un aperçu de la manière donc lui et Zelda ont pu vivre.

 

Le site est accessible à cette adresse, mais pas forcément des plus réactifs.


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