Dans la famille Soljenitsyne, je demande le fils

Clément Solym - 19.07.2011

Edition - Société - Soljenitsyne - Ermolaï - Russie


Disparu en 2008, Alexandre Soljenitsyne reste universellement connu pour avoir révélé à la face du monde le revers de la Russie communiste avec ces camps de rééducation. C’est désormais son fils, Ermolaï, qui semble vouloir prendre la relève. Ce dernier, prenant la plume dans une tribune publiée dans le quotidien Vedomosti, enjoint ses concitoyens à se prendre en main.

Face à une corruption généralisée, à une société civile en déshérence, Ermolaï appelle le peuple russe à la réaction, en évitant toute fuite. Il brosse tout d’abord un portrait accablant de son pays, qui « occupe la 50e-60e place dans le monde en terme de qualité de vie, certaines statistiques sont effrayantes : nous sommes cinquième pour la mortalité, premier pour le nombre d'avortements, sixième pour les suicides, deuxième pour la consommation d'alcool », précise-t-il, rapporte l’AFP.


Chacun doit donc se ressaisir, sans attendre que tout vienne de Moscou. Reprenant une certaine critique de la société de consommation livrée au seul appât du gain, déjà présente dans l’œuvre de son père, le fils s’attache à dénigrer l’argent sale, celui des pots-de-vin, entre autres.

Voilà un cri qui vient du cœur et connaissant l’immense notoriété de l’auteur de L’Archipel du goulag, prix Nobel de littérature, il n’est pas impensable qu’il soit écouté… A quand donc maintenant quelques essais signés Ermolaï pour interpeller la Russie moderne ?