Dans la peau d'un auteur jeunesse : la Charte fait campagne au SLPJ

Antoine Oury - 22.11.2016

Edition - Société - la Charte SLPJ - SLPJ Montreuil - auteur jeunesse rémunération


Chaque année, l'organisation professionnelle La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse profite du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil pour sensibiliser le grand public à la réalité économique des écrivains. La campagne de cette année s'appuie sur des représentations concrètes pour alerter sur la condition économique des auteurs et illustrateurs de livres pour la jeunesse.

 

L'auteure Dorothée de Monfreid

 

 

La Charte, avec le soutien financier de la société des Auteurs Dans les Arts Graphiques et Plastiques et de la Copie Privée, a centré cette campagne 2016 sur la réalité économique des auteurs et illustrateurs : ainsi, à un produit de la vie quotidienne est associé le nombre de livres vendus pour pouvoir l'acheter, le tout avec l'aimable participation des auteur.es eux-mêmes. Les photographies sont signées Laura Stevens. 

 

Il faut ainsi comprendre que l'auteur d'un livre jeunesse ne touche qu'un très faible pourcentage d'un prix de vente généralement peu élevé pour inciter à la lecture. Un taux de droit d'auteur encore plus faible que pour leurs confrères de la littérature générale, puisque les albums jeunesse associent souvent des coauteurs : les droits d'auteur sont alors partagés entre chaque auteur de l'œuvre. En moyenne, les taux ne dépassent que rarement les 6 %, contre 10 %, en moyenne, pour la littérature générale. Bien entendu, les situations varient selon les éditeurs.

 

 

À regarder : Les auteurs jeunesse ont-ils intérêt à être représentés par un agent ?

 

Carole Trebor, présidente de la Charte, était revenue dans les colonnes d'ActuaLitté sur cette différence de traitement entre littérature jeunesse et adulte : « L'argument le plus recevable est que le livre jeunesse est moins cher que le livre adulte, il coûte en moyenne 16 ou 17 €, et les éditeurs mettent donc plus de temps à rembourser leur investissement avec ce type de livres. Nous avons donc réclamé le passage à 10 % de droits d'auteur lorsque le seuil de rentabilité est atteint, mais le Syndicat national de l'édition a rappelé qu'il était impossible de dévoiler ces chiffres, en vertu du droit à la concurrence. »

 

 

Pour mobiliser, La Charte a mis en place un volet participatif à sa campagne : « À votre tour, mettez-vous en scène accompagnés de l’objet de votre choix, en précisant son équivalent en nombre de livres vendus. » La Charte propose ensuite aux participants de poster leur photo sur les comptes Twitter et Facebook de l'organisation.

 

« Ces portraits rejoindront l’exposition itinérante dénonçant les vraies conditions de vie des auteurs jeunesse », précise encore La Charte.