Dans la ville de Gutenberg, l'imprimé face au numérique

Clément Solym - 19.05.2011

Edition - Société - allemagne - imprimer - ebook


Bienvenue outre-Rhin, dans une industrie de l'édition et de la presse... qui commence à ressembler passablement aux paysages que l'on retrouve ailleurs. Et plus particulièrement la ville d'origine de Gutenberg, Mayence, dont les 250.000 habitants ont récemment eu un cours de numérique accéléré.

Durant la cérémonie organisée pour le 175e anniversaire de Bertelsmann RandomHouse, la chancelière Angela Merkel, présente dans la ville, a émis le souhait que dans 50 ans, les livres en papier et les journaux imprimés fassent encore partie du quotidien.

C'est que... le numérique, c'est amusant comme univers, mais pour les utilisateurs, pouvoir toucher un livre, c'est encore le meilleur des moyens de lire. « Pour l'heure, le nombre d'abonnements aux magazines et aux journaux, en Allemagne, n'a pas encore trop diminué, par rapport aux autres pays européens ou aux États-Unis. Toutefois, une tendance peut être observée, à travers les derniers sondages : 35 % des 16/39 ans, préfèrent recevoir leurs informations via internet », explique le Dr. Stephan Füssel, qui enseigne l'histoire et la convergence des médias, à k'université de Mayence.

Mais les Allemands ne semblent pas encore ultraréceptifs à l'essor du numérique, que ce soit pour les livres ou l'information. Un lecteur ebook, ce n'est encore qu'un gadget, et l'introduction du Kindle sur le marché allemand n'est encore que trop récente pour avoir de réelles incidences sur le marché global. Certes, on apprécie la légèreté en voyage, mais les témoignages assurent qu'un livre papier, c'est tout de même autre chose.

Le conservateur du musée Gutenberg, qui pourrait être le plus farouche défenseur du monde de l'imprimé, prend tout le monde à contre-pied. Selon lui, les informations que l'on trouve sur la toile sont à la pointe des nouvelles, lorsque la chose imprimée devient rapidement obsolète, d'une heure à l'autre. Et aucune anxiété pour Claus Maywald.

« Puisque les livres papier deviennent de plus en plus rares, l'importance du Musée Gutenberg ne fera qu'augmenter. Le mot numérique est bien. Mais à un certain moment, vous en avez marre. Vous voulez toucher des choses réelles. »

D'autant plus que l'expérience numérique tend à reproduire au plus près possible la page qui se tourne, le bruit du papier... Une manière de raccrocher avec l'objet, pour donner une existence à la version numérique. Et de garder un lien avec ce monde...

(via Atlantic)